Cimetière pour mort-vivant

Posted on 21 février 2011

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La première fois que j’ai entendu parler du temps relatif j’étais loin d’en avoir conscience. Collégien je crois, c’était lors d’une interview de Vladimir Jankélévitch dans un JT. Epoque où un philosophe trouvait un siège chez Mourousi au 13 heures, sans même avoir besoin d’être un de ces pitoyables pantins médiatiques que l’on nous assène désormais à répétition aux heures du spectacle de la pensée unique.

24 heures, même pas chrono. C’est long ou c’est court ? Est-ce suffisant pour démêler un comment du pourquoi ? Utile pour un rappel au règlement ? Au contraire, nécessaire pour tourner une ou plusieurs pages ? Assez pour interpréter ? Donner sens à une série d’éléments ?

On a le temps de replonger dans des affres du trop vieux, trop tard. Mais celui de prévoir une escapade vacancière. On se retrouve à gravir la colline croix-roussienne à pied pour réaliser, essoufflé, que bien des choses ne sont plus possibles, que comme le tabac emprisonne coeur et poumons, le reste est aussi « goudronné ». On peut s’imaginer repartir vers des efforts nécessaires puis se dire à quoi bon et que finalement il aurait fallu le faire avant. On tente de voir comment rebondir pour ensuite se dire que le choix est limité, les dés pipés. On voudrait bien mais on a l’impression que c’est si loin.

On se rappelle comment on a voulu tirer le rideau, se couper du reste pour rester allongé en attendant que le reste de la vie veuille bien passer. (oui, oui, j’ai vu la répétition :D) Et comment il est devenu de plus en plus difficile d’assurer même le strict nécessaire, un service minimum. Emballages de pizza et paquets de Winston en séries dans le rôle des clous de ce cimetière pour mort-vivant. On est près de céder à la tentation de faire un pas de plus. Presque le doigt sur le bouton: effacer blogs et comptes divers, derniers liens qu’on conserve avec une idée tronquée de « relations extérieures ». On se dit que ce serait peut être même salutaire. Sans y croire. On ne parvient pas à passer les coups de fil qu’est en droit d’attendre l’entourage. On voit des gens. On mange. On sait que la semaine de boulot sera merdique.

On se dit que c’est vain. Espère-t-on vraiment encore « rêver » ?

Kid Creole & The Coconuts – Annie I’m not your Daddy – (vidéo via )
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Posted in: humeur