Niquer (un peu) la machine

Posted on 11 février 2011

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Combien de temps. Chaque instant qu’ils m’auront pris seront… des instants en moins. Un vol, un hold-up. Bien sage, travaille 40 ans et si tu n’es pas trop usé, encore vivant, un peu vaillant alors on te donnera l’aumône pour respirer avant de crever. Drôlement bien fait leur machin. Qu’ils croient en tout cas. Parce que ça marche. Mais au fond, ça tient à rien.

Parce qu’on s’aperçoit quand même que quelque soit l’illusion, l’idéologie du travail, le discours sur l’intérêt et la nécessité, la programmation et le lavage de cerveau subis, le système de tentations, la carotte et le bâton utilisés pour nous mener dans leur chemin, on s’aperçoit – au moins pour certains – que ce qu’ils nous prenne ne sera jamais rendu. Chaque seconde, chaque minute qu’ils m’auront arrachée l’aura été au détriment de celles passées à regarder les yeux de quelqu’un (je reste correcte :p), à rire avec un autre, à m’engueuler avec un troisième, à me plonger dans les accords même mineurs de tant de musiques, à me nourrir des mots indispensables de tel bouquin, à voir les images créées pour écrans et lucarnes, à …

L’heure n’est plus aux cadeaux, à écouter et croire les stupidités destinées à ne servir que quelques intérêts, au-delà même des laquais qui les récitent, à marcher sans au moins tenter de fausser le pas cadencé qu’ils cherchent à imposer. Plus de pitié. Discours sur la satisfaction du client ? Je l’emmerde ton client s’il est assez con pour acheter sans recul la merde que tu lui sers. Intox sur la responsabilité, l’évolution, l’adaptation ? Parle à mon cul ma tête n’est plus là. Manipulation sur le respect de ce que les autres ont fait ? Qu’ils aillent se faire foutre, je ne cherche pas des copains parmi les larbins. Message subliminal que de toute façon c’est comme ça ? Nul n’est à l’abri de la violence des colères soudaines.

Et jour après jour introduire dans les rouages le grain de sable, le caillou. Sabotage ! Marcher sur un fil certes, mais tant qu’à devoir rester encore un moment prisonnier, le faire payer; dès que possible. Ne plus hésiter. Si les têtes sont encore loin et difficile à atteindre, les jarrets sont à portée de nos lames aiguisées. Take the money. Mais tu n’achète pas mon esprit. Se rappeler Le Voleur de Darien : « on fait leur sale boulot mais ayons au moins le mérite de le faire salement ».

(Post énervé et lucide de 6 heures du matin :D)
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