« Nous n’avions pas fini de fumer nos Gitanes… »

Posted on 28 janvier 2011

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Un soir de 2001. Je crois. (Pas possible après : Bécaud dans la salle). Seul, forcément. Pas possible autrement. Intimité. Télé. (Un oeil sur la). Victoires de la Musique. Epinglé. Pas été le seul. Les plans de coupe de l’émission sont plutôt marrants (clic ici : pas choisie car le son est moyen). Texte. (Musique du). No comment. Le monde se divise souvent en deux :p A chacun ses essences du sens. Dire c’est (se) trahir.

Genet. Notre-Dame-des-Fleurs. Querelle de Brest. Fassbinder. Souvenirs précis. D’une époque. Mort de Yourcenar aussi. Flashback, hors-sujet.

Texte de 1952. Extrait. « Le Condamné à mort ». (Bresson, par digression). Monomanie. Check. Déjà été enregistré par Mouloudji, Hélène Martin (superbe version), et le sera par Raphael (pas mal du tout).

Sur mon cou – Extrait d’un texte de Jean Genet

Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu’une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.

Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d’Espagne
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main
Mène-moi loin d’ici battre notre campagne.

Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir,
Ni les fleurs soupirer, et des près l’herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.

Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde !
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.

Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour.
Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les Cours condamnent
Un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour.

Amour viens sur ma bouche ! Amour ouvre tes portes !
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l’escalier plus souple qu’un berger,
Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes.

Ô traverse les murs, s’il le faut marche au bord
Des toits, des océans, couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort.

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Posted in: Livres, Musique