Agacement…

Posted on 25 janvier 2011

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… et le mot est faible.

– « Dis donc tu étais vacciné à la merde dimanche ? »

– « Je t’emmerde… »

– « Fais chier cette cyclothymie… »

– « Tu veux le nom complet de la pathologie ? »

– « Admet que le système est comme ça, faut bien s’adapter… »

Non !  Au-delà d’une certaine limite, j’appelle ça collaborer. Mais la question n’est pas là. (Enfin si, aussi mais ce n’est pas le propos). La vraie phrase qui tue vient après. « Je dois gérer au mieux le temps et l’activité de gens. C’est mon boulot de décliner la logique de l’entreprise, de mettre en oeuvre son fonctionnement et de rationaliser l’organisation de l’équipe ». Putain. Le bon petit soldat que voilà.

(Il y aurait déjà tout un chapitre à écrire sur le glissement sémantique qui fait que depuis quelques années on n’emploie plus le nom, le qualificatif sympa ou je ne sais quoi mais « l’entreprise ». Et c’est pas vraiment un « star trekisme ».  Quand je dis « on » c’est ces installés dans les fauteuils de la compromission. Euphémisme encore. Et le mot « équipe » mériterait aussi son détour…)

Là, ce qui m’a frappé – une fois de plus – c’est la trahison. Celle portée par ces propos. Le type qui les prononce a un parcours perso, une jeunesse qui l’on placé naturellement « à gauche ». Et pas dans une gauche molle et bobo. Humainement il peut être par moment un sale con mais n’est pas le mauvais cheval non plus. Juste qu’il a bouffé de l’intox jusqu’à vomir. Et l’a digérée, intégrée. Bein oui : même aujourd’hui il ne se dira pas libéral, ayant viré à droite, renié ses engagements syndicaux et autres. Il se croit (sincèrement je pense) du bon côté, à gauche, partisan du progrès social  et j’en passe. Mon cul, tiens.

Parfois d’ailleurs à le piquer, il sent bien confusément qu’il y a quelque part un truc qui merde dans sa logique. Qu’il a trahi, s’est trahi. Mais le poison fait son effet. « Rationaliser l’humain ». Logique d’entreprise ». Le bréviaire, il l’a bien intégré. En échange de quoi s’est-il vendu ? L’argent ? Même pas sûr. Peut être pire. Juste le besoin d’exister dans le grand cirque, ce spectacle permanent décliné jusque dans le réel. Seulement pour pouvoir remplacer sur sa carte le nom générique par « directeur chargé des… » ou simplement « chef du service… ».

Et il n’est pas un. Il n’est pas cent. Ils sont des milliers… (Et on est de millions à se plier un peu, à avoir composé, à s’être fait quelque illusion aussi). Et une bonne partie de la gauche, c’est « eux ». Automates du « old world ». Je me sens de moins en moins capable d’être, même un peu, en phase avec eux, de les supporter (et d’élire ceux qui s’en réclament). Défendre ce qu’on n’applique pas soi-même les a discrédités. Cette gauche, y compris dite « radicale », m’emmerde. Anarchistes (certains) mais aussi libertariens, individualistes (dont quelques uns qu’on pourrait parfois classer « à droite »), freaks et autres hacktivists sont sur des chemins, dans des combats que je sens beaucoup mieux.

Il se dessine de plus en plus que je ne serais pas du prochain cirque de la démocrature. La politique est ailleurs.

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