Pause

Posted on 28 décembre 2010

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Bon, là c’est la quille. Il y a (maintenant plus d’) une demi-heure, j’ai envoyé une page dont je me suis hâté depuis d’oublier le contenu; et ciao. Une grosse semaine de vacances. Pas volées. Et, pour être clair, j’ai bien l’intention de ne rien faire.

Pas complètement puisqu’il y a quelques étapes obligées au milieu. A commencer demain – enfin tout à l’heure 😦 – par le repas de Noël avec Queen Mam. C’est pas que ce soit une si terrible corvée, la conscience venue de la volatilité des vies, mais je prévois déjà la déperdition d’énergie programmée. Une sorte de ponction du maigre réservoir en stock. On aurait pu moins parler de chimios and co mais la merde semble revenir du côté de celui auquel elle a associé ses vieilles années. Et si j’arrive à faire abstraction de ses inquiétudes et mises en garde pour chaque anecdote de ma vie, qui ne cesseront finalement pas à mesure que je vieillis – enfin si, un jour malheureusement -, voilà que le frangin nous a trouvé la trame idéale pour soupirs, allusions et autres dramatisations. Il y met pas du sien, il est vrai : plus de quinze ans que le préposé aux séparations c’était moi et puis… Moi c’était une habitude, je maîtrisais entre les « tu sais, même si ça fait pas longtemps, si tu es avec quelqu’un tu aurais pu venir accompagné » et les apartés sur le mode « faut quand même que je te dise, la dernière là, je la sentais pas du tout pour toi ».  En faisant doublette avec lui, on trouvera bien le moyen de botter en touche… 😀

Plus cool, il y aura aussi au programme de voir les copains et la bande; la tribu des vacances. Justement, depuis les vacances ça n’a pas été de tout repos.

Dès le retour j’ai commencé par renoncer au plan échafaudé dans mon hamac estival. Tenait pas debout en fait ce truc. Et puis il y a la vérification achevée que le boulot ressemble désormais vraiment… à un boulot. Je suis toujours scié de voir le nombre de prétendants au journalisme se bousculer. On leur aurait menti à l’insu de leur plein gré ? Rien n’interdit, il est vrai, de parier sur la même proportion (plus que très élevée) dans la jeune génération de candidats au conformisme et au panurgisme. La machine en marche en est même une démonstration avec le remplacement par pire de ce qui était déjà en-dessous de ce qu’il y avait avant. (Il ne faudrait qu’un exemple de la capacité à nuire des ramifications de la matrix que je citerais m’être encore aperçu hier soir que je n’écris pas un simple mail depuis l’une de ses officines de la même façon que je le ferais de la maison, un peu plus loin de sa prégnance.)

Quant à la production d’info par son canal historique, cela reste un vaste débat, et pas grand chose ne devrait survivre à terme dans la nouvelle société numérique, si ce n’est (encore un temps) une production de plus en plus taylorisée destinée à tenter de continuer de gaver du poulet en batteries. Le chaos est sans doute à venir mais en attendant aucune raison de faire cadeau de… mon chèque de fin de mois.

Parlons en de celui-là. L’autre chantier devait (devrait encore) être immobilier. Allez, finie la vie de locataire: je m’étais finalement décidé à chercher un autre « chez moi » motivé par le manque de place et le bordélisme de l’actuel où, en plus, j’ai plus que fait mon temps. J’avais donc fini par entendre les conseils autorisés balayant mes arguments du type « vais pas m’emmerder avec ça » ou « un patrimoine rien à foutre, je n’ai pas d’héritier… que je sache (et pas l’intention de reconnaître ceux qui pourraient se présenter :D) ». Les « n’oublie pas que tu paies un loyer pour rien au bout », renforcés par les « c’est le moment d’emprunter » – sans parler bien sûr du « pense à tes vieux jours », mais celui-là, j’y reviens plus loin – appuyés par quelques images bien senties de logis rêvés m’avaient finalement convaincu de faire un tour sur ce marché.

Et bien merci hein ! De réduits au prix d’un loft (le loft étant à celui du château) à des « sympas mais avec travaux » qui s’avèrent être des kits à (re)monter soi-même, en passant par les « ça irait à la rigueur mais me poignarder pour 25 ans je le sens moyen », j’ai été servi. Bref, rien trouvé, nibe, nada, niente… Pour l’instant ok – il paraîtrait même que je suis exigeant (avec mon pognon, enfin celui que je vais payer au banquier, c’est pas anormal non plus) mais ça filerait plutôt l’envie d’une bicoque dans un coin perdu pour une bouchée de pain et adios la civilisation. A condition qu’il y ait l’ADSL quand même 😀

ADSL qui va finir sous surveillance constante. Parce la démocrature a continué d’avancer, dans l’indifférence abrutie d’une large majorité quand même. Loppsi, racisme d’Etat, corruption et caetera sont passés comme lettre à La Poste (tant qu’elle existe). Le frémissement sur les retraites (sur lesquelles on nous a baisés avec à la clé un bel argument pour l’immobilier – voir plus haut, faut suivre bon sang 😉 – en prévision d’une spoliation programmée) et la tension exacerbée ressentie ici ou là sont finalement vite retombés. D’ailleurs, comment gagner un combat que des syndicats ont accepté par avance de perdre en refusant de sortir les armes nécessaires face à l’ennemi, et dans lequel l’opposition labellisée nous joua un numéro de claquettes hors pair sur l’air du « on reculera pas l’âge mais on allongera la durée de cotisation ». On se promène donc avec un panneau écrit « con » dans le dos ou quoi ? « Même dedans c’est les deux mêmes ? », aurait dit Coluche. Pourtant l’intox a plus ou moins fonctionné. Au profit de qui, à votre avis ?

Mais tout cela n’aurait rien été si, depuis l’été, ma dernière heure n’avait soudain sonné et été quasiment annoncée. Pour aller vite : un pépin de santé, des examens qui ne décèlent rien, nécessité de chercher plus loin, envoi de moi, mes radios et analyses chez un spécialiste. Et là, patatras. Bon d’accord, déjà moi le toubib qui fronce le sourcil et demande des examens complémentaires, je le cuisine pour savoir si à symptômes identiques la littérature médicale fait cas de décès rapides. Sauf que je tombe sur un prudent, un qui prévoit le plus grave, une logique aussi qui me sort la liste guidant sa réflexion (fumeur tout ça…). Et il me parle d’une suspicion de tumeur qu’il convient de valider par un examen… quinze jours plus tard. Depuis j’ai pris du recul mais je préparais déjà mon enterrement et mes adieux. Tout ça pour finir sur la piste que m’avait évoquée depuis l’autre bout du monde une pote (:p) dans la partie  : des misérables cailloux m’attaquant lâchement dans le dos. Ils ne devraient d’ailleurs pas survivre longtemps à 2011 ceux là et seront priés à l’avenir de ne pas se réinviter.

Cette mort imminente m’aura fait apprécier le soutien de copains et amie(s) et aussi permis de trouver une vraie empathie et « proximité » chez des gens que je ne connais que par les réseaux sociaux et les voies du numérique. Parfois, on perd un peu à se mettre trop à l’écart du facteur humain. Même si je ne suis pas passé en mode bisounours non plus, hein.

Et je dois dire que, d’un mal un bien, les heures passées à attendre un verdict, dessiné par qui j’ai déjà parlé comme fatidique, n’auront pas été jetées comme tant d’autres au tout-venant du gaspillage temporel. Vieilli, usé, fatigué, je me croyais programmé pour le retrait progressif de ce qui m’avait animé dans plusieurs sens et en désordre. Certes, de mon bunker je n’ai pas encore complètement remonté la herse et, pour poursuivre la paraphrase gainsbourgienne, « à la solitude (encore aujourd’hui) je m’exerce » mais je me dis qu’il n’était finalement pas très malin de penser quitter totalement la table avant que la partie ne soit vraiment finie.

Le résumé est ici succinct (non, je plaisante) et je passe des détails, qui n’en sont pas toujours, de ces mois épuisants. Mais il légitime bien de pouvoir appuyer sur le bouton pause et de m’octroyer quelques plages en mode fainéasse, une main sur la souris, l’autre sur la télécommande et la troisième – merde ça va être possible ça, il va falloir que je bouge le bras 😦 – sur le téléphone pour faire amener une pizza jusqu’à moi :p

PS : j’ai un peu la flemme de rédiger des billets ces derniers temps, ça se voit à ma brièveté ici 😀

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