Scolarisées dans le privé pour échapper… aux pressions religieuses

Posted on 2 septembre 2010

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Un sujet de rentrée des classes classique : « Rhône : les effectifs du privé progressent dans les collèges ». Même que : « En dix ans, le secteur privé a gagné des collégiens tandis que le secteur public en a perdu environ 4 000 ». De quoi chatouiller le tenant de l’école publique qui va se pencher un peu plus sur cette résurgence de l’enseignement papiste 😉

Seulement voilà, au détour d’un des témoignages qui accompagnent la synthèse dans la version papier (pas trouvé le lien vers l’encadré sur le site, faut me croire sur parole ou acheter le journal :p), un son de cloche vient soulever ce qui ressemble à un problème sérieux. Une mère de famille explique avoir placé ses enfants dans un collège privé dont elle a retenu le projet pédagogique certes mais où aussi « les enseignants ne sont pas obligés de faire la police tout le temps ». On pourrait éventuellement passer sur cet argument si son témoignage ne recelait quelques éléments encore plus embêtants.

Se disant favorable au public et issue d’une éducation laïque, elle avait placé ses deux filles dans une école primaire du public. Leur scolarité s’y est plutôt bien passée. A une réserve qui SAUTE aux yeux. « Mes filles ont juste eu parfois des petits problèmes d’intégration », relate la mère. Déjà ! Mais ça continue : « Les autres gamins leur ont mis la pression parce qu’elles ne croyaient pas en dieu ». Pour tout dire : ça, c’est énorme. D’autant que la connerie des enfantillages s’avère surtout le relais de l’intolérance prosélyte des parents et de l’entourage. Et on ne peut que mettre en relation ces affirmations avec d’autres articles lus il y a quelque temps et sur lesquels j’étais passé un peu vite, expliquant que les enfants mangeant du porc, c’est à dire normalement, rencontraient régulièrement des problèmes auprès de certains camarades. Il y a là quelque chose qui se dessine comme inacceptable et face à laquelle rester sans réaction reviendrait à faire son deuil de pas mal de libertés et de la notion même d’école publique.

On ajoutera que la même mère explique s’être renseignée et être allée aux réunions de présentation concernant le collège public de son secteur. Elle y aura été effrayée par le discours se voulant rassurant de la Principale qui insistait avant tout sur les questions de discipline, de sécurité… D’autant que la même Principale lui avait glissé de ne pas s’en faire argumentant avoir « deux petites blondes en sixième et ça se passe bien pour elles ».

C’est quand même gros. Serait-on passé à un racisme inversé en quelques années. Les signes peuvent inquiéter et on peut se demander si, après avoir soutenu l’antiracisme face aux comportements hérités des années 60 et 70 (voire avant), il ne va pas falloir agir pour lutter plus fortement que cela n’est fait contre son pendant. Comme ne va pas sans problème majeur la volonté de plus en plus présente d’imposer des préceptes religieux à l’ensemble de la population. Pour mémoire, on évoquera les agressions commises récemment pour « non-respect » du ramadan dans la région lyonnaise (ici et ici). Les débordements islamistes d’une part, tout comme certaines attitudes  quotidiennes ou encore les multiples tentatives entravant les libertés conquises peu à peu (y compris d’expression et d’information: exemple de la déprogrammation d’un doc sur Arte), me semblent ne plus pouvoir bénéficier d’un certain angélisme. La critique du système en place ne peut plus fermer les yeux devant ces menaces parallèles (notamment sur quelques avancées du parlementarisme capitaliste qui avait écarté  les églises des affaires publiques).

Les gesticulations du pouvoir en place entre expulsions et annonces de « déchéance de nationalité » ne sont pas de nature à apporter les réponses nécessaires, c’est certain. Mais laisser faire et monter certains comportements et prosélytisme ne peuvent plus être d’actualité. Si ce n’est à ouvrir la porte à des tensions et des réactions incontrôlées et à mettre sur les rails des forces elles aussi au service des intérêts des classes dominantes mais qui, sous couvert de solutions, seront encore plus ouvertement dangereuses pour des libertés individuelles et de conscience déjà menacées.

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Posted in: humeur, Société