Affaire(s) Bettencourt : Woerth avoue (un peu), Sarkozy cité une nouvelle fois

Posted on 2 septembre 2010

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Le woerthgate n’en a pas fini de ses révélations, de mensonges en demi-aveux, que déjà se dessine de plus en plus un sarkogate. Soupçonné sur plusieurs fronts et s’accrochant malgré tout à sa (bonne) soupe ministérielle, Eric Woerth a dû ce jeudi matin lâcher un peu de lest. Il a fini par avouer, pour la première fois, son intervention en faveur de l’obtention de la Légion d’honneur par Patrick de Maistre, le gestionnaire de fortune de la milliardaire Liliane Bettencourt et (ex) employeur de l’épouse du ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique. Un aveu qu’il a pris soin de minimiser le plus possible. Le premier d’une longue série ?

Etonnant non ?

Mais l’affaire n’a pas fini de nous révéler ses contours et la façon dont les puissances de l’argent s’attachent la fidélité des politiques et leurs services pour la défense des intérêts d’une minorité et de son idéologie. Au printemps déjà, le nom de Sarkozy avait été cité. Eclaboussé, le nain élyséen avait évité l’orage. Pour un temps seulement. Aujourd’hui Mediapart révèle que Liliane Bettencourt a dit en avril 2007 à son ami François-Marie Banier avoir donné de l’argent à Nicolas Sarkozy, selon les carnets intimes du photographe (qui y notait ses conversations) saisis par les enquêteurs.

Certes, le photographe qui n’a pas besoin de se faire des ennemis en ce moment, lui qui est au départ de l’affaire après la plainte déposée par la fille de la milliardaire sur sa supposée influence sur celle-ci afin de se faire remettre quelques « cadeaux », relativise et minimise un peu : « Ce sont des propos qu’elle m’a tenus, mais je ne sais pas s’ils sont vrais ou pas. » « Elle ne m’a pas dit si c’était pour Neuilly, pour sa campagne ou pour autre chose. Ce n’était peut-être pas pour lui », ajoute-t-il, expliquant que Liliane Bettencourt aurait pu confondre avec Balladur ou un autre car « Liliane est du genre à confondre les noms. Elle m’a à plusieurs reprises cité des demandes d’argent en se trompant sur la personne qui lui demandait ».

Ben voyons.  L’occupant de l’Elysée va pour le moins devoir trouver des explications un peu plus étayées que la supposée sénilité à ce nouveau pavé dans sa mare qui place le pouvoir sarkozyste  face à ce qu’il est, au coeur d’un système où il devient difficile de démêler collusion, corruption, conflits d’intérêts et autres bons comptes entre amis d’une caste oligarchique.

C’est au nom de la préservation des intérêts de celle-ci que l’on prétend continuer de nous tondre et nous imposer un recul sur les retraites en ménageant les intérêts du système des copains et des coquins. Et l’écran de fumée sécuritaire estival (qui est tout sauf une réponse à la montée en puissance de réelles tensions qui laissent penser que des dérapages ne sont pas loin), n’aura pas caché longtemps que c’est justement le plus que douteux Woerth qui est chargé par le désormais mouillé Sarko de faire le forcing pour administrer une partie de la potion (il y a aussi la rigueur voulue par les marchés financiers aux mains des amis du pouvoir qui se met en place sur le dos de tous en épargnant les mêmes intérêts amis de la bande au pouvoir).

Et donc, le si recommandable ministre du Travail avertit que la mobilisation annoncée pour le 7 septembre « ne changera rien ». Si les étincelles ne suffisent pas, peut être faudra-t-il allumer le feu alors ?

Le projet du pouvoir brille par son aberration comme l’ensemble d’un modèle économique, politique et idéologique : un simple témoignage suffit à en démonter les absurdités flagrantes.

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