Les scandales au sommet de l’Etat, c’est la faute au net

Posted on 7 juillet 2010

1


Qu’il est vilain le grand méchant internet ! C’est désormais la complainte des sarko sbires en déroute et pris dans la main dans le sac. Alors qu’après Woerth l’affaire Bettencourt éclabousse Sarkozy, le nain élyséen fait désormais donner sa garde de soudards sur l’air bien connu d’allégations mensongères issues d’internet. Ben voyons. Faut-il encore rappeler à ces umpistes d’un autre âge que Mediapart, en pointe dans cette enquête, est un site d’information et qu’il ne saurait donc être opposé à une presse considérée comme sérieuse (sans doute pour la droite seule est « sérieuse » celle qui est contrôlée par ses amis). Quant aux blogs d’opinions, font-ils autre chose que d’exprimer le mécontentement d’une population que la bande aux affaires a entrepris de tondre jusqu’à son lit de mort ?

L’intervention de Baroin mardi devant l’Assemblée Nationale en dit long sur la piètre stratégie mise au point par les occupants du pouvoir.

Pour cacher la fièvre, il suffit d’essayer de casser le thermomètre. Et les turpitudes dans cette affaire d’Etat sont bien sûr le fait de Twitter et des blogs. Pitoyable stratagème sur lequel ont embrayé le maçon pas franc Bertrand (dont les propos outranciers vont faire l’objet d’une plainte pour diffamation), le motodidacte Estrosi, la poissonnière Morano (vidéo) et quelques autres laquais du Sarkoland. Stratagème derrière lequel une droite, qui se croit de droit divin, retrouve ses tentations liberticides. Accusant d’extrémisme ceux qui informent sur ses malversations possibles, ses rapports au monde de l’argent, les collusions qu’elle entretient avec les milliards de Bettencourt et de bien d’autres comme avec des intérêts particuliers au service desquels elle se range (d’autant qu’ils la nourrissent et plutôt bien : 150000 euros par ci, autre chose par là…) et j’en passe, elle affiche une nouvelle fois sa volonté de museler tout ce qui peut déranger ses petites affaires et de faire taire toute critique. Sa haine contre un internet libre, contre lequel elle a déjà montré à maintes reprises (Hadopi, Loppsi, Acta… et multiples déclarations) sa volonté d’agir, trouve là un champ supplémentaire pour sa paranoïa liberticide.

En cela, elle est égale à elle-même et le sarkozysme montre une nouvelle fois ce dont il est l’héritier avec un Etat de droite qui ressemble de plus en plus aux « parenthèses » nauséabondes de l’Histoire où ceux dont il descend ont déjà sévi pour le pire. Pour continuer à faire des petites affaires entre amis, ne doutons pas que l’oligarchie est prête à tout tenter encore une fois pour fliquer et faire taire ceux qui la gênent. Mais cette dérive pourrait bien être contrée par un monde dont ce pouvoir d’un autre âge ignore tout et où ses manipulations habituelles ne prennent plus. Et plus simplement par un pays qui ne supporte plus les privilèges de quelques uns membres d’élites dévoyées aux relents de voyoucratie qui ferait passer des mafieux pour des enfants de choeur.

Preuve en est de ce rejet avec les 5000 abonnés supplémentaires de Mediapart sur le seul mois de juin et au fil de ses révélations sur l’affaire Bettencourt. Un succès qui semble démontrer qu’un site d’info payant peut trouver son public, contrairement à ce que j’ai toujours pensé, même s’il ne s’agit pas ici d’une presse généraliste mais de pouvoir accéder à des scoops et révélations. Il y aurait donc bien une « niche » sur le web pour laquelle, comme pour de l’info spécialisée et pointue, le public est prêt à payer. Reste à voir si le succès se confirme.

Histoire de dégonfler par avance les allégations umpistes sur ce terrain, on peut aussi se poser la question de la motivation des informateurs dans cette affaire. Les professionnels qui ont traité le dossier sur le site ont pris, nul ne peut en douter,  le recul nécessaire pour les analyser avant de se lancer dans la publication des éléments qu’ils ont pu se procurer.

Une fois encore Sarkozy et sa bande montrent donc avec leur petite stratégie anti-internet la nécessité même d’une liberté sans laquelle ils auraient pu espérer voir passer au second plan des affaires plus qu’embarrassantes mais que les médias traditionnels ont finalement été amenés à traiter largement  vu l’ampleur qu’ils prenaient sur la toile. Traitement plus ou moins neutre si on se réfère aux yeux de merlan frit d’une Laurence Ferrari devant les états d’âmes d’un Woerth tentant de jouer les chiens battus en l’absence d’explications convaincantes.

Une volonté d’enterrer les scandales qui se reporte désormais sur la Justice puisque le dossier pourrait être confiée non pas à un juge indépendant mais à un procureur, par définition aux ordres et, qui plus est, ami personnel du tout-petit-président pourtant impliqué dans le dossier…

Vidéos via FullHdReady
Publicités