Des fusibles pour espérer sauver le petit « soldat » Woerth

Posted on 4 juillet 2010

0


Qui sera dupe ? En catimini, un dimanche de juillet, le pouvoir sarkozyste annonce la démission de deux sous fifres, profiteurs des deniers publics et en cela en phase avec l’Etat de droite dans lequel ils nagent en eaux troubles. Alain Joyandet, secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, et Christian Blanc, secrétaire d’Etat chargé du développement de la région capitale (ça ne s’invente pas des noms de strapontins pareils généreusement rétribués), ancien grand patron et lié à la fois aux milieux de la finance et de la politique, font la valise. Pas d’inquiétude pour ces deux nouveaux chômeurs qui, après s’être servis sur la richesse du pays, vont encore trouver un point de chute dans l’appareil, loin de connaître les problèmes que rencontrent le commun des Français jetés du jour au lendemain, eux, sans le moindre ménagement.

Il ne s’agit là pourtant que de menu fretin dont se débarrasse l’occupant de l’Elysée histoire de donner le change. Ils n’en restent pas moins des symboles du délitement induits par le pouvoir en place, ses méthodes et sa politique menée au seul profit d’une caste de copains et de coquins. Mais qui pourra croire que Joyandet, partant pour anticiper une éviction, et Blanc, poussé vers la sortie, vont créer l’écran de fumée espéré pour la bande à Sarko pour tenter de poursuivre sa politique nauséabonde, en douce, durant l’été et à la rentrée, en tentant de redorer d’ici là son image face à un vif rejet populaire annoncé ?

Il est bien sûr certain que le renvoi des seconds couteaux de « la main dans le sac » n’est là que pour tenter de sauver le « soldat » Woerth. Le ministre du Travail (et ancien du Budget) empêtré jusqu’au cou, et bien plus, dans l’affaire Bettencourt où on trouve pêle-mêle des suspicions de conflits d’intérêts, de collusion, de corruption, de financements douteux, de fraudes fiscales facilitées pour une milliardaire ou en tout cas sur lesquelles on a fermé les yeux… Et j’en oublie sans doute.

Oui, pour l’oligarchie sarkozyste, il faut tenter de faire oublier les cadavres dans les placards de Woerth car celui-ci est chargé du sale dossier, celui des retraites, consistant à faire subir au plus grand nombre une injustice de plus, celle de trop pour que cette République puisse prétendre à perdurer, au profit d’une caste. Caste justement à laquelle appartient Liliane Bettencourt, milliardaire propriétaire de L’Oréal, celle de la banque, de la finance et du patronat qui veulent voir les salariés passer à la caisse pour préserver leurs indécents dividendes.

On comprend ainsi mieux quelles sont les inspirations de la sale politique menée et du sale projet d’un trésorier de l’UMP aux helvètes voyages. Alors, soyons clairs, Joyandet-Blanc ce n’est qu’un début. Derrière c’est Woerth qui va devoir faire les bagages, et vite. Avec son projet servile pour les mains qui le nourrissent. Et c’est l’ensemble d’un système, celui de Sarkozy, de sa bande, de l’UMP, des oligarchies de la finance et du patronat qu’il est temps de contraindre à débarrasser le plancher.

Publicités
Posted in: humeur, Politique