Racket sur les retraites : collusion entre Woerth et une milliardaire sur fond de soupçons de corruption

Posted on 17 juin 2010

2


La #bananarepublic vient encore de franchir un cap. Je venais de finir de rédiger un billet sur le basculement irrémédiable dans un état de non-droit et la fin de toute légitimité possible pour le régime que constitue le hold up du pouvoir soumis à l’idéologie libérale (une des plus meurtrières de l’Histoire) sur la question des retraites au profit des financiers et des patrons (22 milliards piqués aux salariés, 4 milliards demandés aux patrons et financiers rappelait hier soir je ne sais plus quel politicien de gauche). Et là je tombe sur le post de @peuples réclamant la démission du ministre sarkozyste Woerth. Celui-là même qui venait d’annoncer les mesures pour nous rançonner.

Exigence à laquelle on ne peut qu’adhérer. Sans illusion tellement le pouvoir néo-pétainiste de Sarkozy et sa bande, digne des pires régimes affairistes, n’a rien à voir avec un minimum d’honneur républicain. Mais face à de telles révélations il semble plus que jamais évident qu’il est temps de tourner une page dans le fonctionnement de notre système politique tout en congédiant le clan actuellement au pouvoir à coups de pieds dans le derche. Voire avec le goudron et les plumes (et là je reste sympa en plus ;-))

Sans entrer dans les détails sur ce WoerthGate à lire chez peuples, l’affaire relève tout simplement du scandale d’Etat. Au départ une sordide histoire de famille chez les milliardaires (groupe L’Oréal) entre Liliane Bettencourt et sa fille. Règlements de comptes avec des relents d’espionnage à deux balles. De quoi faire du bon Chabrol peut être. Sauf qu’une bande sonore vient de sortir dont le site d’infos Mediapart révèle le contenu en exclusivité . Et on y trouve les noms de Sarkozy, Pécresse… et donc Woerth. En première ligne. Lui et sa femme (employée pour gérer les avoirs de la plus grosse fortune française) sont directement mis en cause dans des fraudes fiscales concernant la fortune de Mme Bettencourt. Gênant pour un ex-ministre du Budget (qui s’affichait comme chassant les fraudeurs et avait lancé un coup de com’ sur le sujet à l’automne) qui a aussi été le trésorier de campagne du nain élyséen.

Mais il y a plus: les enregistrements laissent comprendre que Liliane Bettancourt a aussi « arrosé » Woerth (et les deux autres)… avec notamment le souci que son conflit judiciairo familial tourne à son avantage. L’homme qui hier matin annonçait le racket des Français sur les retraites est ainsi « doublement suspect,  de corruption passive (et peut-être même active) tout d’abord, mais également et surtout de conflit d’intérêts et collusion avec des groupes financiers privés ». Rien de moins.

Présomption d’innocence vont tenter les umpistes soumis au lobby patronal. Mais rien que le fait d’être suspecté rend ce type nul et non avenu pour venir parler de se serrer la ceinture et de travailler jusqu’à ce que mort s’en suive. Que fait la femme d’un ministre en exercice au service d’une des grandes fortunes du pays et rémunérée par un groupe financier privé ? Quel rôle a joué le ministre pour aider (ou laisser faire) une possible évasion fiscale ? Quelles sommes ont été versées aux personnalités politiques citées ? En échange de quels services ? …

Rien que ces questions appellent à sa démission immédiate (et au retrait d’un projet entaché par les liens de son porteur avec des intérêts privés). Face à une certaine frilosité des médias, ces faits méritent d’être repris. Et une nouvelle fois cela démontre la collusion d’un pouvoir avec les intérêts des quelques particuliers tout en pratiquant l’austérité et le racket sur le plus grand nombre. Sordide.

Advertisements