Retraites: la rupture du (soi-disant) contrat démocratique

Posted on 16 juin 2010

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Le pouvoir vient de prendre la décision de trop. Habillant du mot « réforme », un hold-up sur la vie des gens, l’Etat français (avec la connotation historique de ce terme) devient  non seulement contestable et  contesté mais il doit tout simplement être nié dans son droit à exister. Reculer l’âge de la retraite à 62 ans (et en réalité 67) ainsi qu’il le fait pour servir une idéologie, les intérêts d’une mafia patronale et financière ôte le peu de crédit qui pouvait rester à un type d’organisation des pouvoirs et au consentement démocratique minimal qui pouvait assurer sa survie et le rejet d’un passage aux actions les plus extrémistes. Aujourd’hui celles ci sont de fait légitimées. En s’attaquant à nos existences, la bande sarkozyste (dont on apprend chaque jour combien elle se sert, se sucre, vit dans le luxe entre suites d’hôtels, jets privés, cigares et prébendes bien plus graves encore, payés par la collectivité ) justifie tout acte contre ceux qui auront soutenus, encouragés ou dirigés dans l’ombre  une telle manoeuvre de régression.

Il y aura d’autres choses à évoquer mais c’est une déclaration de guerre sociale et humaine qui a eu lieu. C’est la fin d’une ère commencée il y a plus de deux siècles. Les théoriciens du « pas d’alternative« , les tenants d’un démarche où l’on ose reprocher aux gens de « vivre plus longtemps » ont pris l’initiative d’un basculement majeur qui ne peut que porter à encourager l’explosion et la destruction de ce qui est tout simplement de la pure escroquerie. J’ajouterais au passage que ces gens là ne méritent simplement pas de vivre et que ceux qui mourront au travail plutôt qu’en ayant pu bénéficier de quelques années de répit seront fondés – lorsqu’ils en auront le temps – à leur demander de régler leur créance et à user des moyens qui leur semble bons (en clair se payer sur la bête ou se débarrasser de l’ennemi). Mais pour revenir aux conséquences politiques, que l’on ne peut mesurer encore pleinement à cette heure, on est bel et bien  au-delà de la dialectique entre une opposition légitimiste ou légaliste contre la droite.

Un régime quel qu’il soit qui renonce à améliorer la vie, à faire du « mieux » pour ses citoyens est tout simplement une … dictature. Alors, oui, on s’oppose à une droite au service du patronat, de la finance, du conservatisme mais la légitimité à sortir du champ de la démocratie peut paraître discutable quand un tel pouvoir met en place, en les lui arrachant certes, des avancées positives pour les personnes. Mais le type d’organisation politique qui se paye et paye ses copains sur le dos de l’ensemble du corps social, on la détruit. Fin de l’illusion car, même en l’habillant des oripeaux du vote et d’une démocratie qui s’avère manipulée, triturée, décérébrée en société du spectacle et de la sur consommation inutile, il apparaît désormais clairement aux yeux de chaque citoyen que c’est le régime et sa nature qui sont en question.  Désormais il est bien question de parler d’après. Un post-capitalisme sans doute et la fin d’un système politique qui clairement vient de sombrer corps et âmes.

Le sarkozysme éclate pour ce qu’il est : la mise en place d’un stade final de l’illusion démocratique où il se révèle pire que le pétainisme, ne serait-ce que par les moyens d’intoxication idéologique dont il dispose. Il s’agira donc de lui faire rendre gorge ainsi qu’à ceux qui y sont lié et aux intérêts qui sont derrière. Pour passer à autre chose. La nouvelle Résistance passera sans doute, peut être, par des mouvements sociaux, des grèves, y compris générales. Ou pas. Mais il s’agira désormais de frapper ce nouvel Etat français et ses composantes où, quand et comme on pourra. Radicalement.

Cette fois la lassitude va de pair avec la nécessité de prendre en compte tout ce qui peut faire sombrer l’ennemi. Devant un pouvoir fascisant, pour détruire le système il pourra même être acceptable de pratiquer la stratégie du pire et d’encourager tout ce qui pourra contribuer à non seulement la chute de ceux qui y sont installés et l’occupent mais de la forme d’organisation politique qui les a enfantés. Il n’est plus l’heure d’avoir certaines pudeur et tout peut être examiné si cela sert à l’explosion souhaitable.

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