Retraites: la dissidence aujourd’hui, l’action directe demain… (1/2)

Posted on 3 mai 2010

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Moi quand je serai vieux, je monterai au braquos. Surprenant ? Pas tant que ça : cette fois la guerre est ouverte et chacun doit être renvoyé aux responsabilités qui seront les siennes. Et il me revient comme l’écho d’un vieux cours d’éco : les individus sont des agents économiques rationnels. C’est même là l’un des credo du libéralisme. Et justement, à un certain âge et face à certains besoins, en pesant les risques d’échec et les chances d’aboutir, on devrait être un certain nombre à considérer que tenter un ou plusieurs coups, comme le truand qui veut se mettre à l’abri pour ses vieux jours dans les polars à l’ancienne, relève d’un calcul tout ce qu’il y a de plus légitime. Après tout dans le pire des cas : prendre 10 ans de cabane à 65 ans c’est pas la même chose qu’à 20 ans et avoir le logement et le couvert assuré sera peut-être un moindre mal vu ce que la droite aux ordres de la finance nous prépare.

Cynique ? Non logique. D’autant plus qu’il aura eu comme un casus belli, une rupture unilatérale du contrat (social) du fait de gouvernants qui méritent le nom de faquins et des opulents engraissés du capitalisme. Tout ce beau monde qui est en train d’essayer de nous la faire à l’envers avec la complicité d’une opposition introuvable et d’un syndicalisme déroutant, pour ceux qui y plaçaient encore quelque confiance. Tout ce petit monde des copains et des coquins est en train de nous concocter une pure escroquerie.

J’apprends ainsi ce matin que le bon vouloir du roitelet à talonnettes et de ses conseillers voyous serait de faire partir les gens en retraite à 63 ans. Avec une petite astuce, l’échéance des 63 ans ne concernerait que ceux nés après 1967. Ouf : je passe à un an près, tout en ayant quand même droit au passage à ma part d’entubage. Mais un frangin, par exemple, qui a un job plus fatiguant que le mien se trouverait concerné. Le problème c’est qu’il y a véritable rupture de contrat. Quand il est entré dans le monde du travail, a fait le pari de la légalité et du respect des lois, la norme n’était pas celle là. Il y a donc manquement à une parole. Il peut donc de suite refuser de continuer à payer les retraites de nos parents ou décider de présenter l’addition dans quelques années. Et je souhaite bonne chance au juge qui se trouverait alors en charge d’instruire ce qui serait l’équivalent d’un procès politique de n’importe quelle dictature. Aucun de ses arguments n’aurait de valeur après une telle rupture de légalité et il serait à son tour complice et de ce fait placé sur la liste des ennemis de la cause du peuple. Avec quelles conséquences ? Une délinquance en cheveux gris complètement légitime sera un juste retour des choses pour ceux qui ont l’intention de nous voler. Ils vont voir venir se renforcer le gang des papys flingueurs, tendance qui existe déjà.

Nous n’en sommes pas là mais nous en sommes bel et bien au moment où l’action de certains, de la politique à la finance, de l’Etat à l’entreprise, justifie le recours au croc de boucher, fut-il (pour l’instant?) symbolique. L’offensive de la pensée unique sur la question et les velléités de compromission des partis et syndicats dans cette affaire sont pourtant sidérantes. Seul une réappropriation du débat et un rappel des règles de bases du « vivre ensemble » qu’a permis les décisions du Conseil National de la Résistance pourra faire reculer l’offensive libéralo traître et une démarche aux ordres du Medef, du patronat et des banksters. Si, et seulement si, les Français, et les Européens sur l’ensemble des dossiers de même ampleur (retour à la lutte greco-romaine ;-)), se saisissent de l’affaire et, échappant à l’intoxication idéologique organisée, parviennent à dire NON et que cette fois trop, c’est trop, ils pourront construire des lendemains où ils ne devront pas s’assurer de ce qui leur est dû les armes à la main.

Pour cela, il va falloir parvenir à faire entendre une autre voix et montrer qu’une autre voie est possible face à une offensive médiatique sans précédent d’un discours dicté directement depuis les salles de marchés qui ont plongé des millions de personne dans la crise tout en s’assurant d’en sortir indemne  pour ce qui est de leurs bénéfices et prévarications.

C’est l’alerte qu’ont déjà lancé depuis quelques temps certains blogueurs, renforcés par les analyses de spécialistes, d’économistes… privés de parole au nom d’une doxa dont il serait interdit de dévier car servant ceux qui possèdent. Dès avant le rapport, tronqué et orienté, diffusé mi-avril, Sarkofrance prévenait que la question des retraites serait la mère de toutes les batailles. D’autres appels ont été lancés pour faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites. Car le fond de la question est bel et bien là : tout le raisonnement et les calculs mis en avant pour justifier de spolier les salariés sont faux et tordus au prisme de quelques petits intérêts. Je reviendrai sur cette manipulation idéologique communément admise et sur la nécessité de déplacer le débat en tenant compte des vrais chiffres cachés du profit.

Une chose est certaine, ce n’est pas les journées d’action voulues par des organisations prêtes à accepter le diktat en échange d’une bonne place à la table des négos qui suffira. Il faut que soit informée et que se lève une France libre qui doit purement et simplement saboter le projet sur les retraites de la droite et du patronat …

Sans pousser très loin les murs de la pensée unique voici quelques éléments trouvés chez Sarkofrance (via politistution) qui démontrent la totale absurdité de la démarche du pouvoir de droite et permettent de mieux comprendre au service de qui les sarkozystes s’activent:

(A suivre…)

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