Régionales : un coup de latte pour Nicolas Sarkozy et l’UMP de Xavier Bertrand (#DTC)

Posted on 22 mars 2010

3


J’ai d’abord eu l’inévitable réaction : Sarko DANS TON CUL ! Un salvateur majeur dressé plutôt partagé. Voilà, ça fait du bien mais on n’est guère plus avancé pour autant à l’issue du résultat des Régionales d’hier. Bon on ne peut que jubiler de voir l’UMP en général et son responsable, pas très constructif comme maçon et franc comme un âne qui recule, Xavier Bertrand se prendre une bonne baffe. Enfin plusieurs même là, dans ces 11 minutes savoureuses, capturées par Fullhdready, durant lesquelles il se fait démonter.

Vodpod videos no longer available.

Mais le scrutin de dimanche n’a de quoi satisfaire que ceux qui veulent s’en satisfaire et ne pas voir les choses en face : échec d’un système économique et une démocratie à bout de souffle marquée par une véritable faillite politique.

Une fois encore, le chiffre le plus parlant est celui de l’abstention qui reste la première « force » politique du pays avec 48,81%.  En léger recul par rapport au premier tour (52%). Finalement le slogan « Election piège à cons », a-t-il été adopté par une majorité de Français ? De fait pour la deuxième fois de suite me voilà dans un camp majoritaire. Ca surprend 😛 Majoritaire mais pas très avancé, on est d’accord.

Pour le reste, au niveau national, la gauche a recueilli 54,12% des voix, loin devant la droite à 35,53%, et le FN qui a obtenu 9,26% des suffrages. Les différents cas régionaux sont synthétisés dans cette carte (clic, clic, clic : attention ce lien contient un joke). On y verra qu’une seule des régions métropolitaines reste à droite, L’Alsace, alors que la Corse bascule en restant dans une situation complexe quant aux rapports de force sortis des urnes. La Guyane et la Réunion vont aussi dans l’escarcelle du parti régimaire.

Il faut creuser un peu plus pour s’apercevoir de quelques vérités moins glorieuses. Au premier rang desquelles on placera le score du parti lepéniste. N’étant pas représenté dans toutes les régions, la moyenne nationale du FN cache des poussées là où il était en lice qu’on doit sans doute largement aux errements dans le discours de l’UMP.

Et ce n’est pas près de changer à en juger le discours répété de plateau en plateau par les fantômes de la majorité sarkozyste hier soir. Propos à la limite du ridicule en retrouvant en boucle, comme mot clé, pour expliquer la défaite, la crise et la situation difficile de l’éco et de l’emploi. Faut oser quand on dirige un pays depuis 2002 sans partage et que le crash économique est d’abord celui de ceux que la droite sert et défend. Parce dire que la crise n’est pas de droite (y compris dans sa version gauche patronale certes), ce serait un peu se foutre du monde quand même.

C’est ce qu’ils font donc ? Ah bon d’accord… Et puisque je l’évoquais, le succès (relatif une fois de plus étant donnés les chiffres de l’abstention) de la « gauche » n’est pas très porteur. A moins d’un sursaut, je n’ai pas encore entendu une idée forte, un principe de rupture… sortir des séminaires compassés où se retrouve tout ce monde pour partager un gâteau national pas encore cuit. Beaucoup n’ont pensé quà garder leur petite place au chaud et de laquelle ils ne dérangent guère le système dominant, duquel ils s’accomodent même fort aiément. Et ce n’est pas ce que j’ai pu entendre des quelques intervenants de Rhône-Alpes qui me conduira à penser le contraire pour une proximité régionale qui est la mienne.

En clair, la droite a perdu et bien perdu. What else ? Pas grand chose finalement 😉

Une des meilleures analyses est dispo en ligne. C’est celle d’un petit nouveau dans le blogging, Jean-François Kahn qui a titré son billet : Régionales: le coup de tonnerre lepéniste. Son analyse des plus justes souffre du défaut de ne pas dépasser la logique du système financier libéral et du diktat d’une rigueur dont pâtissent les uns et profitent les autres. Pour le reste, le tour d’une situation où les électeurs disent majoritairement merde au système en place en refusant de l’être (électeurs, faut suivre…) s’avère plus que pertinent.

La seconde nouveauté consiste en « L’Appel du 22 Mars » lancé par Daniel Cohn-Bendit. En le parcourant (il est ici ou sur Libé.fr), je n’ai pu m’empêcher de penser que le libertaire venait de se réveiller (un peu) en lui. Appeler à une notion de « coopérative politique » apte à sortir des formes faisandées de la représentation, des partis et de l’exercice des pouvoirs, est sympatoche de suite. Le hic reste quand même que les « écolos » au sens large forment un mouvement de bobos (que je suis aussi, certes) qui ne fait guère recettes là où les coups les plus durs son portés.

En attendant il y a grève le 23 mars (limitée une fois de plus sur un jour ce qui n’est pas très malin et confirme certaines frilosités déjà dénoncées), et No Sarkozy Day le 27 , une tentative de reprise en main  par chacun de son destin qui semble finalement (cf Cohn-Bendit) être d’actualité.

Advertisements
Posted in: humeur, Politique