Quand Chavez parle de réguler le web… comme nos régimes, on entend soudain crier au scandale

Posted on 21 mars 2010

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« Tu es au courant ? J’ai entendu sur France Inter que ton ami Chavez veut censurer internet… » Je me découvre ainsi un nouvel « ami » en même temps qu’un rappel de l’intégrité bien connue des médias hexagonaux. Il est vrai qu’il se trouve que je vois d’un oeil intéressé et, si possible, pas trop formaté par la pensée unique du moutonnisme oligarchique, les expériences diverses menées en Amérique du Sud malgré les menées de l’oncle Sam. Réchappés des dictatures voulues par la CIA, le FMI (oui celui où exerce à prix d’or, et au service des mêmes intérêts que ses prédécesseurs, le soi-disant socialiste DSK) et quelques autres donneurs de leçon du prêt à (ne pas) penser de la démocratie représentative – c’est-à-dire confisquée -, plusieurs pays ont choisi de tenter autre chose que le libéralisme destructeur. Forcément, les tenants du « y’a pas d’autre solution » on du mal à le digérer.

Donc Hugo Chavez, qui n’a pas instauré le régime parfait au Vénézuela – juste une tentative d’un peu plus de justice sociale – et a lui aussi son capital de conneries en stock, a critiqué internet. « Internet ne peut pas être quelque chose d’ouvert où tout peut être dit et fait. Chaque pays doit appliquer ses propres règles et normes », a déclaré le monstre tellement sanguinaire qu’il est obligé de porter une chemise rouge pour que le sang qu’il a sur les mains ne déteigne pas trop. Contexte : le chef de file de la gauche latino-américaine a critiqué le site d’informations en ligne Noticiero Digital  qui a diffusé une « fausse » nouvelle sur le meurtre d’un ministre. Juste au passage notons qu’il parle de chaque pays et pas d’une régulation mondiale au profit…des profiteurs.

Cela dit, ces propos et intentions sont critiquables même si on est encore loin de ce que pratique le parti frère de l’UMP en Chine. Mais, c’est là que ça dérape. Soudain quelqu’un a dû réveiller les  journalistes couchés de France et de Navarre. La sensationnelle nouvelle a fait le tour des rédactions, eu droit à ses dépêches (celle d’AP ici) et été reprise, plus ou moins développée, par l’ensemble des médias (ici par le très sarko-compatible journal Le Monde).

Oui, les mêmes qu’on n’a pas vus au moment de l’Hadopi, pas entendus pendant la Loppsi et qui trouvent Acta trop compliquée pour être expliquée aux lecteurs. Bref, tous ceux qui on peur du grand méchant internet et dont les directions sont prêtes à supporter toutes les censures pour espérer faire taire ces voix qui viennent leur piquer des clients, autrefois captifs de leur robinet d’eau tiède, qu’ils ne parviennent à garder par manque d’imagination et de capacité d’innovation .

Parce que « réguler internet », je sais pas vous mais je l’ai entendu dans les bouches umpistes à maintes reprises, sans parler des menées en coulisses des lobbies qui contrôlent ces pantins politiques. Mais bizarrement, là, les sauveurs en pantoufles de la liberté menacée on ne les a guère entendus crier au danger. Il est vrai que le scandale serait peut-être moins scandaleux s’il pouvait ramener un peu de soupe dans le bol des actionnaires et permettre de renouer avec les habitudes de seuls habilités à prendre la parole des plus serviles de leurs serviteurs.

Bref, pour les médias hexagonaux, Chavez qui s’en prend au web c’est pas bien. Quand c’est au nom des intérêts supérieurs du lobby politico-économique, on ne bouge surtout pas. Misère !

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