Une élection dans un fauteuil (plutôt un canapé)

Posted on 14 mars 2010

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Je voyais le truc arriver. Soit me faire oublier – ce qui est bien mon style 😀 – , soit une fois de plus ressasser des arguments maintes fois utilisés. Pour me justifier bien sûr. Expliquer encore et encore que le panurgisme dominicale n’a de démocratique que ce qu’on veut nous faire voir.

Parce qu’aujourd’hui (et dimanche prochain), ça vote. Elections régionales, citoyens: mettez-vous en file indienne et allez verser votre obole pour la bonne soupe des nobliaux de vos provinces. Attention hein: je ne jette pas la pierre à ceux qui vont glisser leurs espoirs dans une petite enveloppe (ils ne devraient pas être légion semble-t-il). Tiens, je me souviens gamin accompagner mon père dans une école de la République où il allait faire ce qu’il estimait être son devoir, en bon deuxième génération naturalisé. Un geste qu’il ne manquait jamais d’accomplir, tout en me confiant qu’il n’avait guère d’illusion quant à la possibilité pour le camp dans lequel il espérait d’arriver au pouvoir. La suite allait lui donner tort pour mieux trahir ses espoirs.

Moi-même, je le confesse, j’ai un temps cédé au rituel. Mais comme la dernière fois j’ai fait une belle connerie lors du référendum sur le traité de Maastricht, emporté par des discours et l’idée d’une Europe qui n’avait rien à voir avec sa réalité libérale et financière, mon abstentionnite n’est pas une si mauvaise affaire pour la collectivité 😉 J’eus quelque regret de ne pouvoir me rattraper lors du référendum de 2005 n’étant depuis belle lurette plus inscrit nulle part au gré d’aléas et de mutations. Et pour faire barrage en 2002, vont me lancer quelque belles consciences ? Je répondrai à ces héros de la résistance que pour m’opposer aux fafs, je privilégie d’autres méthodes que celles de la feuille volante…

Oui, la claque annoncée pour la clique sarkozyste me réjouit. Mais, et après ? Dans ma région tu as le sortant, Jean-Jacques Queyranne, plus de 30 ans de vie politique au compteur, un vrai pro quoi, et son orchestre de petits clercs ambitionnant d’obtenir leurs micro-baronnies. Face à lui, une autre habituée des places au chaud, l’Umpiste Françoise Grossetête, professionnelle de la profession depuis 1983, avec son ensemble aux remugles d’une droite de notaires et de banquets de chasseurs.

Et puis, il faut le redire, ce rose un peu vert avec une lichette d’un rouge pas du meilleur cru n’a pas démontré qu’il était capable d’autre chose qu’un fondu au bleu de la pensée unique. Quant aux cries d’orfraie des démocrates sur l’air de « c’est un devoir de voter » ou « il y en a qui meurent pour avoir ce droit », je ne peux que les inviter à quelques réflexions sur la réalité d’un système et sur comment il devrait commencer à évoluer.

Je ne vais donc pas rabâcher des arguments déjà utilisés (ici par exemple). Cette fois je m’en sors bien votecar cela est dit et bien dit ailleurs (lire ici: « Sois courageux, abstiens-toi !« ) avec un utile rappel sur « la pseudo démocratie de l’Etat français » (là: clic, clic, clic). Le contenu de la boite aux lettres d’ Edelihan en dit long aussi (ci-contre).

Pour moi ce sera donc une élection dans un fauteuil: le mien.

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Posted in: humeur, Politique