Au Sarkoland, la garde à vue en pleine dérive… dans l’illégalité

Posted on 11 février 2010

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Les dérapages en matière de garde à vue se multiplient. Et commencent à faire parler d’eux. La GAV d’une gamine de 14 ans embarquée en pyjama et gardée menottée a mis le phénomène en évidence et servi à alerter. Bien sûr, serait-on tenté de dire, une version policière diffère sensiblement mais on peut s’étonner de voir que l’on a surtout interrogé le syndicat Synergie. Sans plus de recul.

Un joli #fail quand on connaît le positionnement de celui-ci en général et qu’on sait, en particulier, la candidature de l’un de ses principaux (et plus connus médiatiquement) dirigeants, son secrétaire général Bruno Beschizza, aux Régionales sur la liste UMP de Valérie Pécresse (à lire ici sur le blog Ménilmontant, mais oui madame). Il y aurait eu de quoi, pour le moins, prendre quelques précautions avec une organisation à la fois partie prenante et très marquée idéologiquement.

En tout cas, l’affaire est loin d’être unique. Plus fort encore, ces gardes à vue ont lieu dans la plus parfaite illégalité au regard de la Cour européenne des Droits de l’Homme. Depuis un arrêt du 13 octobre 2009 qui considère que la France ne respecte pas les droits de la défense dès la première heure de la garde à vue». Une décision faisant suite à une autre, antérieure, allant dans le même sens et relative à la Turquie du 27 novembre 2008. Un certain nombre d’avocats avaient alors porté ce débat que le gouvernement aurait voulu enterrer (détails : clic ou clic).

Et voilà que, pour cette raison, « le tribunal correctionnel de Paris a demandé, le 28 janvier, l’annulation de cinq gardes à vue dans une affaire de violences présumée contre des policiers, au motif que les avocats des prévenus n’avaient pu exercer pleinement les droits prévus par la convention européenne des Droits de l’Homme. Une décision qui pourrait faire jurisprudence ». Un sujet à écouter sur RTL.fr.

C’est dans un tel contexte qu’enfle l’utilisation d’une procédure dont l’augmentation suscite quelques questions comme celle de savoir si cela « ne révèle pas une manoeuvre politique : gonfler les statistiques sur la délinquance juvénile en prévision de la réforme, en cours, de l’ordonnance de 1945 sur le droit pénal des mineurs » (à lire sur Lemonde.fr).

Du coup, suivant le principe bien connu du sarkozysme du « un problème, une annonce », MAM promet une réforme de la GAV qui ne convainc personne. Et ne met pas la France en conformité avec la décision de la Cour européenne.

Pendant ce temps les langues se délient et, après qu’en eurent été évoquées les conditions jusqu’au prix Renaudot attribué à Beigbeder, les témoignages sur des gardes à vue abusives remontent. Jusqu’au JT de Jean-Pierre Pernaut (euhhh Ricard, 51, Berger, Petit Bleu, Casanis… pour préserver l’équilibre des marques), c’est dire…

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