Ne pas manquer de Lux

Posted on 4 février 2010

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Les Cramps, ça m’est revenu la nuit dernière. Par digression en quelque sorte en linkant une video live du Gun Club, les deux groupes ayant partagé en plus d’inspirations communes le même guitariste, Kid Congo (Powers), sans compter que Jeffrey Lee Pierce, chanteur des seconds écrivit un « For the Love of Ivy« , pour la guitariste des premiers. Guitariste et femme de Lux Interior.

Le chanteur des Cramps est mort il y a un an, le 4 février 2009 à l’âge de 63 ans au Memorial Hospital de Glendale en Californie. Ca m’avait un peu laissé sur le cul. Et comme je me suis dit que ton 20 Heures ou ton quotidien favoris n’auraient sûrement pas l’idée de faire une brève, j’ai commencé à fouiner parmi les vidéos stockées en favoris sur Youtube et ailleurs. Autant dire que ça a pris des plombes parce qu’une fois lancé… Et qu’au final j’ai renoncé à tout choix logique (je te laisse fouiner et te faire plaisir 😉 ).

S’il existait un truc récompensant le best performer ever, Lux Interior ne serait en tout cas pas dans le jury. Wild thing en cuir et vinyle, il pourrait prétendre à ouvrir le bal de la  du frontman le plus outlaw – pour celle formatée par maître de ballet interposé je laisse chacun se démerder. Sur le papier, en plus d’en être le chanteur, il était le leader des Cramps. Ou du moins le co-fondateur. On connaît l’histoire : ce type trop freak pour des années hippies qui n’en manquèrent pourtant pas prend en stop une gamine de 19 ans sur une route de Californie en 1972: Kristy Marlana Wallace qui va devenir Poison Ivy (Rorschach).

Quelques aléas plus tard, en 1975 le couple s’installe à New York (vas, lis et reviens). Lux bosse dans une boutique de disques avec un sérieux allumé qui deviendra Bryan Gregory, deuxième guitariste d’un groupe sans bassiste, et qui en attendant pique les fringues et les chaussures de Ivy pour se balader avec. Un vrai cintré à la mèche blonde que l’on voit dans le concert à l’hôpital psy de NAPA (ici donc, tu suis ou pas ?) et dont la légende (et peut être plus) dit qu’il y fit quelques séjours avant d’être perdu pour le groupe puis pour le rock’n’roll, avant de mourir à 46 ans en 2001. Il fut remplacé par Kid Congo à la deuxième guitare avant que le combo décide d’avoir recours à une bassiste (enfin trois) au look de vamps gothiques. Et on ne saurait oublier Nick Knox, batteur durant 12 ans (1978-1990) aux mains gantées de noir et à la frappe lourde et métronomique parfaite pour le jungle (Diddley) beat auquel se référaient souvent les Cramps.

Comment les ai-je découverts ? Je n’arrive plus à rétablir la chronologie entre une cassette chez mon pote Silber et un article de Garnier dans Rock&Folk. Par contre je me souviens pas mal du contenu de ce dernier dans lequel l’un de rares journalistes français en exercice (oui: les autres travaillent pour des entreprises de presse, nuance) rendait visite à ses voisins à LA. On y découvrait ainsi la collection de vinyles sans cesse en inflation de Lux et Ivy – qui gagna de pièce en pièce avec les années parait-il -, pleine de pépites arrachées à l’oubli du rock le plus sauvage et garage de l’Amérique. Garbageman. Et beaucoup plus de goût, de complexité, d’ambiguité et de raffinement qu’une approche trop abrupte du couple aurait pu laisser supposer.

Lux Interior sur scène ? Là je revois plus clairement le premier concert vu. Lyon : hiver 83-84; je me souviens de la saison à cause du long manteau gris et des clarks que je portais ce jour-là. Et je passerai sur les substances du moment. Je revois mais de là à pouvoir raconter un set paroxytique… Comme ça : Lux et ses trois bouteilles de vin, Lux sur les amplis, Lux dans la fosse, Lux par terre, debout, partout, Lux gobant le micro, Lux qui ne s’aperçoit pas que c’est fini et continue de hurler au sol… Et LE son, guitares et vaudou rythm pour un truc qui ressemble à la pure violence originelle du rock. Mazette.

D’ailleurs ça ne se raconte pas et, après le Psychotic Reaction ci-dessus (reprise de The Count Five et du plus grand morceau de l’histoire du rock selon Lester Bangs) et Green Fuzz 1981 à New York,une fin de concert en slip et talons (Tear it up) pour que ceux qui ne savent pas puissent se faire une idée de ce que c’était et restera.

The Mudd Club, New York 1981 : Poison Ivy, Lux Interior, Kid Congo Powers, Nick Knox

Amsterdam 1990 (comme la première) :  Poison Ivy, Lux Interior, Candy Del Mar, Nick Knox

Et en bonus une autre fin de set

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Posted in: Musique