Un No Sarkozy Day, ça le fait… et à plus d’un titre

Posted on 2 janvier 2010

10


C’est le genre d’idées où on se dit « bon sang mais c’est bien sûr ». A se demander pourquoi on n’y a pas pensé avant. D’ailleurs une ébauche était apparue il y a quelques temps lors de discussions nocturnes sur Twitter. C’était au moment du No Berlusconi Day transalpin, une initiative née sur le web qui avait remporté un succès conséquent.

Depuis les choses se sont précisées et la date du 27 mars a été fixée pour tenter une telle opération en France. Ses instigateurs ont créé un blog (clic clic clic) et un groupe Facebook (c’est ici), qui a dépassé les 300000 « adhésions », ainsi qu’un compte Twitter.

Voici cet appel

Les libertés les plus élémentaires sont bafouées chaque jour un peu plus.

Le principe d’égalité est systématiquement remis en cause, les ponctions se font sur ceux qui ont le moins, les cadeaux vont à ceux qui ont le plus. Le président de la République Française n’est pas le président de tous les français mais un chef de clan.

La fraternité, ciment du peuple, est méthodiquement mise en pièces, à la place on installe une politique de la peur des autres, une stratégie du choc.

Nicolas Sarkozy a failli dans son devoir de garant des idéaux de notre pays, il est de notre devoir de nous unir pour exiger sa démission.

Suivant le formidable exemple du No Berlusconi Day, nous simples citoyens, appelons toutes celles et ceux qui veulent agir contre Nicolas Sarkozy et contre sa politique à se joindre au No Sarkozy Day le 27 Mars 2010.

Cette mobilisation se tiendra partout en France à partir de 14 Heure devant les préfectures et les sous préfectures, à Paris place de la Bastille, et dans le monde entier devant les ambassades de France.

Notre mobilisation n’est rattachée à aucun parti, à aucun syndicat, à aucune association. Nous voulons simplement la démission de Nicolas Sarkozy.

A l’issue des manifestations se tiendront partout des assemblées générale populaires, afin de donner la parole au peuple.

Le pouvoir du peuple comme but, le pouvoir du peuple comme chemin, voila ce qu’est la démocratie, voila ce que doit être notre action !

Déjà des blogueurs ont manifesté leur soutien à la démarche (à l’exemple d’Hypos ici). Ici et là cependant certains doutent, soit par engoncement dans des considérations d’appareils, où on n’aime guère voir l’initiative venir d’ailleurs que des petits arrangements entre consanguins des pouvoirs, soit plus simplement par crainte d’un échec et de ses conséquences.

Pourtant, l’ombre d’aucun doute ne me semble permise. Et cette démarche serait dans tous les cas de figure salutaire marquant une réappropriation du débat. Explications.

Si ce No S-Day venait à connaitre l’échec, même relatif dans sa mobilisation, les conséquences à en tirer seraient pour le moins positives. Avec la politique économique suivie, les atteintes aux libertés permanentes, le détournement de pouvoir en cours… une évidence s’imposerait : seule une toute petite frange de la population est assez en désaccord pour le manifester, le reste soutenant le tout-petit-président et sa camarilla ou étant bien maintenue la tête dans le sac pour penser même à bouger. Il n’y aurait plus alors qu’à choisir la voie parallèle du drapeau pirate et d’hacktivités dans les TAZ que nous serions en mesure de nous constituer sous différentes formes, que ce soit par des démarches individuelles ou collectives.

A contrario, un succès ne se conçoit que d’ampleur. La première de ses conséquences envisageables – la plus évidente – pourrait être de ne pas en avoir. Pas d’apparentes en tout cas. Mais dans un tel cas deux failles d’envergure éclateraient au grand jour. La première consisterait à placer le pouvoir en place et l’occupant de l’Elysée dans une position plus que difficile et, avec une légitimité vacillante, dans l’impossibilité d’en appeler à une soi-disant onction populaire née de 2007. Il y aurait comme un état de sursis pour lui et il ne devrait agir qu’en tenant compte d’une possible et probable deuxième vague. Une fin de mandat sous haute surveillance en quelque sorte. La seconde serait dans la démonstration que les formations politiques en place et le système institutionnel ne sont pas à même de traduire la réalité d’une volonté populaire confisquée par une sorte d’élitocratie des baronnies et des allégeances.

Les autres conséquences possibles relèvent plus de la supputation et seraient fonction de la volonté et de la colère de la société. Elles pourraient aller d’un départ sine die des désavoués du printemps – on peut toujours rêver – à une poursuite par d’autres formes de la reprise en main collective de destins que l’on prétend nous confisquer. Le geste initial et les suites du mouvement auraient alors pour base le principe clair et simple que, malgré les tentatives à prévoir de recours à l’intimidation et à la répression, la « peur » changerait alors de camp. L’initiative et la responsabilité de dessiner les possibles du futur seraient reprises en mains par ceux auxquels seules elles appartiennent.

Quelque soit les plans sur la comète que l’on tire, ce No Sarkozy Day a le mérite d’ouvrir un champ des possibles…

Advertisements
Posted in: humeur, Politique, Web