Fail (et fin) d’un storytelling : Sarkozy a menti sur le Mur de Berlin

Posted on 10 novembre 2009

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On l’a tous connu non ? Le mec qui se vante d’avoir emballé la bombe du lycée ou de l’amphi et qui en fait… euh bein non. Et se retrouve l’air plus que ridicule.

Imaginons que quelque chose de semblable advienne à une personnalité publique, on ne pourrait que lui conseiller un exil lointain durant quelques décennies afin que le rire et les sarcasmes cessent de couvrir le moindre de ses pas. Et pourtant cela vient d’arriver à un chef d’Etat en exercice, le tout-petit-président Sakozy. Qui n’est pas à un mensonge près diront certains. Le voilà gaulé la main dans le sac de son storytelling berlinois, avec photo à l’appui et marteau en main, où en héros du monde libre il voulait se présenter en tombeur du Mur de Berlin. Balancée sur sa page Facebook dimanche, l’histoire avait déjà du plomb dans l’aile dans la soirée (autopromo : lire ici).

La tentative de prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages a fini d’échouer lamentablement ce lundi. Après des cafouillages qui ont atteint des sommets. Juppé, qui avait un temps affirmé avoir été présent à Berlin le 9 novembre 1989, s’est livré à un exercice de rétropédalage pour sauver ce qui pouvait l’être, après la mise en évidence de son impossible présence sur les lieux ce jour-là. L’Elysée a tenté de maintenir la version du nabotléon et, en bout de course, Fillon a été appelé au secours du patron pour raconter un dîner tellement de cons qu’il n’eut jamais lieu.

L’imposture (de plus) au Sarkoland a achevé de prendre l’eau avec le témoignage de l’auteur de la photo du nain élyséen attaquant par la face ouest l’obstacle avec son petit ustensile neuf acheté en hâte au Casto du coin.  « Cette photo de Sarkozy à Berlin, je l’ai faite le 10 à 22h00 », a-t-il déclaré à Zineb Dryef de Rue 89 (y lire le témoignage de celui qui a pris le cliché et le récit de des manigances de la journée). Il y était donc le lendemain (au mieux). Une réaction rapide et sans doute pleine de jubilation de la part d’un serviteur zélé des intérêts du capitalisme et de sa finance. Mais une histoire réécrite façon révisionnisme historique pour tenter de se faire mousser en voulant faire croire à sa présence à l’instant T.

Rideau sur un hoax. Ou presque. On attend quand même les questions des journalistes sur sa tentative d’arnaque lors de sa prochaine sortie 😉 On pourra, certes,  faire valoir qu’il y a des scandales plus graves à dénoncer au sujet du nain élyséen. Il y a pourtant des systèmes – un peu plus démocratiques peut-être – où un élu s’étant décrédibilisé ainsi et ayant tenté de mentir de la sorte aurait dû prendre la porte. Cet épisode pitoyable en dit en tout cas long sur le personnage qui occupe actuellement le pouvoir.

[Cadeau bonus :

Fendard, le Sarkoinfo diffusé lundi soir dans l’émission de Karl Zéro sur BFMTV (via Guy Birenbaum)

du grand #sarkopipo]

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Posted in: humeur, Politique