Les emprunts toxiques rattrapent Saint-Etienne et son ancien maire (pro Hadopi) Thiollière

Posted on 31 octobre 2009

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Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, j’ai usé mes culottes courtes (et mes premiers 501, teddys, bombers, vestes noires, rangers, docs, boots…) au pied des crassiers, dans une ville marquée au sceau du charbon et de l’acier. Et on dira ce qu’on veut mais, comme dans la chanson de Springsteen, avec un coin, quel qu’il soit, quand c’est ton hometown tu gardes toujours un certain lien. D’autant qu’on peut y avoir encore de la famille, des copains… Même si  la relation avec le lieu change.

Donc, de loin mais quand même, je continue de suivre ce qu’il s’y passe. En mai 2008, un PS, prof d’éco, en est devenu maire : Maurice Vincent. Il a mis ainsi un terme à un long règne de la droite (avec un mandat du communiste Joseph Sanguedolce au milieu) sur cette ville post industrielle qui a subi les coups de la crise les uns après les autres depuis 35 ans. Il doit aussi son élection à des bisbilles au sein de l’ex majorité qui remontent à 2007. Après l’élection du nabotléon, le centriste Gilles Artigues se présenta aux législatives dans la circonscription dont il était élu sortant sous les couleurs du Modem. L’UMP locale décida alors de lui balancer dans les pattes Françoise Grossetête, députée européen et symbole de ce personnel politique de province qui semble être là depuis toujours, n’avoir fait que ça  et ne vivre que de ses mandats. Battu par un candidat PS pour la députation, Artigues se sépara de l’équipe en place et se présenta contre le maire sortant Michel Thiollière, faisant ainsi le jeu de la gauche.

A peine élu, Vincent demanda un audit des finances locales. A priori pas de quoi s’affoler devant ce bon vieux coup de l’héritage. Seulement, les études s’avérèrent beaucoup plus inquiétantes que prévu. Elles donnèrent lieu à une sévère polémique quand elles furent révélées quelques mois plus tard mais il en ressortait quand même que la ville s’était sérieusement endettée. Après avoir hérité du fauteuil de François Dubanchet en 1994 et avoir été élu en 95 puis 2001, Michel Thiollière s’était lancé à la moitié de ce dernier mandat dans une soudaine politique d’aménagements et de grands travaux qui attendaient depuis des lustres. La ville en avait d’ailleurs plus que besoin mais entre urbanisme, création d’une cité du design  – qui vient d’être inaugurée -, dans le fil de la biennale du même nom, et tentatives de réhabiliter les friches industrielles, cela fut entrepris à grands frais. Si certaines de ces réalisations sont là et bien là, on ne peut que garder en toile de fond aussi la difficulté de reconvertir et de de reconquérir les milliers d’emplois dans des secteurs certes de pointe mais tertiaires et peu à même de proposer des débouchés à une population où le chômage et les difficultés sont omniprésents.

Sur le plan national, sénateur, Thiollière a surtout fait reparler de lui en étant le rapporteur des lois DADVSI et HADOPI qu’il soutint contre vents et marées. Il figure ainsi parmi ces élus donneurs de leçons et qui se sont mis au service d’intérêts privés et dont le parcours est loin d’être un sans-faute.

D’autant et on y revient, que les emprunts contractés sous sa mandature stéphanoise n’étaient pas tous très sains. Et qu’en faisant ré-échelonner la dette, ses successeurs semblent eux aussi ne pas avoir bien analysé la nature des produits que les banques leur proposaient. Aujourd’hui, la ville flirte avec la faillitte et l’impossibilité de rembourser; elle a le couteau sous la gorge comme quelques autres et a entrepris un bras de fer avec les institutions financières qui n’ont aucun scrupule à s’engraisser sur le dos des contribuables (qui les ont déjà sauvées de la noyade via les aides de l’Etat).

Au-delà de cet exemple particulier – même si par charité je ne préfère pas imaginer ce qu’auraient entendu Vincent ou son prédécesseur en passant à portée de voix de ma septuagénaire de mère lorsqu’elle a découvert sa taxe d’habitation et encore moins le traitement qu’elle aurait imaginé leur réserver -, le cas Thiollière est à lister comme un fail de plus pour un hadopiste patenté.

Via FullHdReady
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