Pour fêter Hadopi, revenons un peu sur les goûts du ministre Mitterrand pour la sexualité adolescente

Posted on 22 octobre 2009

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Premier étage de la fusée de l’Etat de droite pour fliquer, museler et filtrer internet, la loi Hadopi 2 a été validée par le Conseil constitutionnel. On pouvait plus que s’y attendre. Retoquée qu’elle fut une première fois par les juges, le gouvernement et ses députés fantoches ont travaillé dur pour trouver un moyen de contourner la décision des juges comme le feraient de vulgaires escrocs pour se glisser entre les filets de la loi.

Il s’agit bien de la part de l’Etat UMP d’une volonté de mise en coupe réglée de tout moyen de contestation et un élément d’une démarche plus large que l’on voit se mettre en place entre des fichiers par ci et des menaces non voilées à une presse pourtant obéissante par là (jusqu’à crier au complot via le catho intégriste Darcos), lorsqu’il est poussé aux abois par ses propres dérives. Il reçoit dans sa démarche le soutien de pseudos élites aussi dévoyées que corrompues dont le degré de pensée atteint le néant et qui ne sont que les lèches-latrines du fascisme mou ambiant. Bref, pour toutes les raisons et en mettant en avant la protection de la jeunesse, le danger pédophile et j’en passe, contre toute logique d’efficacité dans ces domaines d’ailleurs, il s’agit de promouvoir la censure et la surveillance comme le fait encore la poissonnière Morano ici.  A ce jeu-là, l’Europe a une fois de plus dû se plier à son rôle de putain du libéralisme; et se mettre au service des marchands et des intérêts des puissants, avec un parlement qui a sabordé toute illusion de son indépendance en se reniant sur le fameux amendement 138.

Pour revenir à Hadopi, on sait qu’il sera possible de contourner le contrôle et que les méthodes commencent à largement se diffuser. Et le système offre assez de failles pour que la contestation devant le juge porte ses fruits et rendent la loi inapplicable. Cela ne l’empêche pas de porter un état d’esprit et une volonté avérée. Dans le cadre des réactions légitimes à ce texte, j’ai pour ma part rejoint l’initiative de désobéissance civile et le boycott lancés par Odebi (par ici). Ce n’est qu’une première action avant d’autres concernant, par exemple, le cinéma et qui ne sont pas tournées contre des créateurs – sauf les plus idiots, collabos ou gourmands qui ont adhéré au projet gouvernemental -, qui sont les premières victimes d’un système.

Les réactions à la décision, attendue donc, du Conseil constitutionnel qui valide une loi putride ont évoqué une « défaite pour l’État de droit » (lire sur la Quadrature du net), une « décision grave pour la Justice, pas pour les pirates » (voir Numerama)… Après avoir lu l’analyse de la copie des juges constitutionnels (ici sur PCInpact) – parmi lesquels figuraient l’homme qui a failli se faire Lady Di mais pas celui des marchés truqués, retenu qu’il était ailleurs -, on ne peut qu’abonder dans le sens d’une entrée en résistance et d’une déclaration de guerre. Ouverte mais des deux côtés.

Last but not least, le nabotléon s’est même fendu d’un satisfecit (un mélange des genres peu républicain mais typique du Sarkoland) que l’on peut retrouver sur Electron Libre. Tout à sa joie le nain élyséen conclut en affirmant : « Il nous revient de faire qu’il existe un internet civilisé. » Il est vrai que s’il ne l’était pas déjà un peu, il ferait sans doute allusion à des affaires de gardes du corps à l’Elysée ou s’interrogerait sur l’absence de certaines journalistes lors de l’interview du Tout-petit-président par un grand quotidien aux ordres et aux mains d’un inéligible.

Chose promise… Le ministre de l’Hadopi deuxième version a déjà fait parler de lui via ses écrits sur le tourisme sexuel et en apportant un témoignage de moralité dans une affaire où deux individus étaient poursuivis pour viol (sa défense via une dépêche AFP ici). Le souci c’est que les casseroles (comme celles qui vont remonter, être compilées et suivre les élus ayant approuvé ce texte et ses successeurs liberticides), Frédéric Mitterrand en a une belle collection. Avec au fond la question de savoir si l’on peut être présumé innocent dans un gouvernement qui présume coupable comme le notait Numerama récemment ?

Il y a en tout cas des réflexions douteuses du ministre de la Culture (et de la censure) qui méritent d’être retenues :

L’homme qui n’a rencontré que des prostitués de 40 ans en Thaïlande (suivant ses déclarations sur TF1) se fend ici (dans l’émission de Thierry Ardisson, 93, Faubourg Saint-Honoré) d’un joyeux « Au dessus de 14 ans c’est dégueulasse ». Bien sûr c’est une boutade, comme le relève Odebi, mais elle est plutôt lourde… voire confine à la bourde.

Le même ministre hadopiste avait aussi encouragé et participé à un court-métrage (plutôt euhhh, enfin on peut préférer les 400 Coups quoi) qui aborde en termes crus mais avec sensibilité la sexualité… mais entre adolescents et sur fond d’échanges d’argent. Plutôt gênant au regard de ce qui devient un passif pour le sarko-sbire non ?

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via fullhdready 😉
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