Sans y passer la nuit…

Posted on 18 octobre 2009

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Et voilà. Le Rapido de Donjipez franchit le cap de sa première année. Prolongement et « petit frère » de Words, il a mis un peu plus de temps à se dessiner et à trouver sa voie. Plus obscur et confidentiel (si, si : j’ai les chiffres 😉 ), ce gonzo-là trace ses formes en confidences détournées, entre insomnies et sorties. Fourre-tout visuel et sonique, il se voue à ses cultes propres dans son imparfait du subjectif, mode précieux pour conjuguer les lustres et débris des vestiges et vertiges du temps. Comme annoncé, on va pas y passer la nuit…

Et en cadeau bonus, vu que z’êtes sympas d’avoir fait le détour, quelques lignes que j’avais laissées en commentaire il y a quelque temps sur Karmacoma et qui évoquaient le passage à Lyon de Daniel Darc :

« Je l’avais vu il y a un an et demi à Lyon au Ninkasi Kao, salle assez intimiste. Comme il y a de grands concerts, il y en a d’autres bizarres, insidieux qui vont graver un souvenir sans pour autant que l’on ait la sensation d’assister à un « événement ». Celui de Daniel Darc était de ceux là. Avec une Berry toute en finesse en première partie. Darc c’est un peu ma génération au sens où Taxi Girl brillait au moment de notre adolescence entre Cherchez le garçon – dont il livra une version rageuse et violente ce soir-là – et Seppuku, album de noirceurs auto-destructrices. D’ailleurs durant ce concert je flirtai avec les réminiscences de ma part obscure et de mes errements post-punks qui s’il ne m’emmenèrent aussi loin qui lui ont pu prendre l’aspect d’une longue nuit alcoolisée et dure comme dans la nouvelle de Fitzgerald. Lui-même livra une performance fragile, sur le fil proche de l’ébriété et/ou de la timidité avec des instants de « rages » et des poses de rocker loser tragique. Autant dire que je ressentis une sensation de malaise, comme un retour de mal-être, mêlé à la douceur et à l’énergie du désespoir. Il nous offrait un plaisir mais un plaisir pas évident qui devait s’inscrire en nous pour que la soirée resta un souvenir durable. Une sorte d’impressionnisme scénique.

Déjà (ou encore) il sortait aux rappels son petit carnet de sa poche pour nous livrer ce psaume 23 étonnement touchant pour un bouffe-curé comme moi avant de sortir sur quelques mots en hébreu que ma copine me traduisit, et dont j’ai oublié le sens mais pas vraiment la sonorité… »

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