Impitoyable parce que pitoyables (Mitterrand, Woerth, Sarkozy père&fils…)

Posted on 9 octobre 2009

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Dès la nuit du 5 au 6, j’avais évoqué le retour de boomerang de La Mauvaise vie. Je ne pensais pas en reparler tant le microcosme minable semblait ensuite s’égarer sur l’affaire, gêné aux entournures par le fait que le coup fut porté par le fille du père du FN. Gênés pour des raisons morales ou par le miroir qui était alors tendu aux médias et politiques de ne pas avoir su, eux, traiter le sujet entre manque de courage et omerta du petit milieu ?

J’ai vu et entendu les explications télévisées de Frédéric Mitterrand. Habilement concoctée à l’Elysée hier matin, où s’est tenue une réunion de crise avec, autour du nabotléon, Guéant, Fillon et le ministre de la Culture himself dans un contexte où la sarkozie vacille entre sondages en berne et trous de mémoires du tout-petit-président en matière de promesses du côté de Gandrange, la stratégie de com’ adoptée a été celle de la confession. Elle avait l’avantage de pouvoir porter haut la démarche littéraire et la souffrance individuelle. Ce fut chose faite dans un 20 Heures de Laurence Ferrari sur un TF1 aux ordres et prêt à porter la voix de ses maîtres (ou de ses porteurs de serviettes tant les rapports entre  politiques et monde de l’argent ont atteint un point de non-retour) en réservant un temps de parole exceptionnellement long à Fredo la « Mitte » (lire sur N’ayons pas peur des mots).

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via FullHdReady

[Edit: Video censurée avec un drôle d’argument sur les droits alors que WAT est une filiale de TF1. On regardera donc « La Mitte », en train d’essayer de noyer le poisson et nous prendre pour des cons avec  son goût pour « les boxeurs de 40 ans », ici:

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Des images sauvées de la censure sarkozi-TF1 grâce à Fullhdready]

On y entendrait comme un lointain écho, certes d’une autre dimension, tranchant : »Toutes les explications du monde ne justifieront pas que l’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un hommes… » (Mauvaise capture ici).  Alors faut-il sonner l’hallali ?

La réponse est oui. Tout d’abord parce qu’il n’y aucune raison de ne pas taper sur le point faible de cette sarkozie qui ne lésine pas, elle, sur les officines et les basses manoeuvres. Ni pour ne pas « tuer » l’ennemi politique,  déstabiliser le système. Et un jour le mettre à bas. L’écrivain était touchant, le ministre pitoyable. Il se couvre d’ailleurs derrière un piètre mensonge relevé par Rue89 puisque certes l’âge des « garçons » n’est pas déterminé dans le livre si ce n’est lorsqu’il parle de l’un deux qui a 23 ans… pas 40 comme énoncé devant les téléspectateurs.

Le parcours de l’homme, la transposition par l’écrivain sont une chose. Mais c’est le même individu qui a fait voter une loi par laquelle pourra être traduit devant un tribunal le gamin qui aura téléchargé une daube (ou pas) de ses amis des majors, c’est le même qui a nommé pour réfléchir à l’avenir du droit d’auteur les copains et les coquins directement issus des lobbys, c’est encore en son nom que des oeuvres pourront subir les foudres de la censure car sortant du chemin moralisateur de l’état de droite… J’en passe et j’en oublie. On ne peut qu’exiger une démission.

Et que l’on ne vienne pas me parler d’amalgames, de mêler sa voix à celle du FN ou de discours moralisateurs. En ce sens je ne peux partager les pudeurs d’une gauche honnête. Pour ce qui est de différencier un pédé (je sais, le terme n’est pas politiquement correct) d’un pédophile, je crois y arriver sans problème et depuis plus longtemps que bien des donneurs de leçons. Quant à la liberté de moeurs : raconte pas ta vie 😉 Allez, tiens : si on parlait ici d’un homme mûr ayant séduit un jeune éphèbe dans une envie partagée, si il s’agissait même d’avoir recours aux services tarifés dans une prostitution qui ne serait pas celle de la misère humaine et du tourisme sexuel dans des pays où ceux qui ont tout peuvent s’offrir à bon marché ceux qui n’ont d’autre choix… Et s’il ne s’agissait – comme lors de la parution du livre – que de la descente dans ses enfers personnels d’un écrivain qui se perd pour, peut être, en revenir.


Mitterrand: « ce ne sont pas des comportements criminels »
envoyé par publicsenat.

Mais on est face à un membre du gouvernement, partie prenante d’un pouvoir de la pire espèce qui  veut jouer sur l’ignominie d’une attaque parce qu’elle est partie du FN alors qu’il se délecte à jouer sur le même terrain et à faire son lit des mêmes réflexes. Face à cela la complicité affichée par le petit milieu sarko complice est abjecte à l’exemple des lignes de barbichu  qui est la négation à lui seul du nom de son journal (édito de Libération ici).

Comme le fait Guy Birenbaum, il ne reste plus qu’à renvoyer l’homme à son miroir. Cet état de droite n’est plus à cela près.

La preuve avec Eric Woerth et les révélations du Canard Enchaîné. En 2007, l’homme qui pardonne à l’oreille des évadés fiscaux, aurait été moins rétif à l’air helvète. Il se serait ainsi rendu en Suisse pour récupérer des fonds pour l’UMP dont il était alors trésorier. « Eric Woerth ne cherchait pas à savoir alors si les chèques qu’on lui remettait étaient levés sur des comptes suisses non déclarés au fisc français » raconte au journal un banquier français opérant dans une banque genevoise. Lequel se dit au passage dégoûté par les techniques peu glorieuses du même Woerth, devenu entre-temps ministre du Budget, pour faire plier les « évadés fiscaux ». Depuis ce fâcheux rappel historique, jusqu’à présent passé inaperçu en France, c’est le branle-bas de combat à l’UMP. Les responsables du parti majoritaire cherchent surtout à savoir si quelques généreux donateurs ne figureraient pas malencontreusement sur les liste des 3000 évadés fiscaux que Woerth clame détenir ». (l’article complet sur politique.net).

On vient aussi, sans s’en apercevoir de basculer en monarchie. Népotisme en cours avec le fils du nain élyséen, le ci-devant Jean Sarkozy, 23 ans, conseiller général n’ayant pas encore achevé des études de Droit qui n’ont pas l’air brillante, se retrouve propulsé pour diriger l’Etablissement public d’aménagement de La Défense (EPAD), organisme qui gère l’aménagement du grand quartier d’affaires de la banlieue ouest de Paris et qui, jusqu’à présent était présidé par Patrick Devedjan, à la suite de… Sarko père. (lire ici).

Petit hic, tout le monde n’est pas d’accord et les compétences du prince qu’on sort (ok, carton jaune) sont remises en cause par des citoyens du quartier : «Jean Sarkozy qui n’a que 23 ans et n’a pas encore terminé ses études de droit, n’a pas les compétences ni la légitimité pour gérer les 200.000 habitants, 150.000 salariés, et le million d’usagers des transports». Du coup une pétition circule pour tenter de s’opposer à cette carrière un plus rapide que méritée (voir sur 20 minutes.fr).

Je conseillerai cependant à ses signataires de ne pas trop se bercer d’illusions tant au Sarkoland les lois sont pour les autres comme le démontre la fabrication de DVD pirates par l’Elysée du publi-reportage consacré au tout-petit-président par France 5 en juillet (saine lecture par ici chez @Menilmuche: Piratage : drôles de manières en haut lieu). Ce genre de pratiques a un nom, non? Contrefaçon ?

Retour enfin, sur le devant de la scène du Karachigate via la version papier de Bakchich. Sarkofrance revient sur les mensonges dans cette affaire où l’implication de Sarkozy dans des rétro-commissions fait plus que se préciser. Dans cette affaire qui ne pourra être que d’Etat : »Différents responsables de droite (Edouard Balladur, Charles Pasqua) comme de gauche (Elizabeth Guiguou, Jean-Yves Le Drian)… » seraient mouillés (pour en savoir plus suivez la flèche Mensonges en Sarkofrance).

Alors, on reprend les choses en main quand ?

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Posted in: humeur, Politique