Quand le vote roule à double sens, il fait aussi des contre-sens

Posted on 3 octobre 2009

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Tiens, ça votait beaucoup ces jours-ci. Je vais laisser de côté le PS et ses pataquès internes de parti bananier avec son questionnaire sur le mode « ni pour, ni contre, bien au contraire ». J’ai juste noté que d’honnêtes militants ont déjà relevé une manip’ de la bande des quatre sortie du Congrès de Reims (lire ici). Pour le reste, on ne tire pas sur les ambulances et cette formation qui usurpe son nom devrait nous quitter de sa belle mort très vite.

L’Irlande aussi votait. Si, si. Sur le traité (sarkozyste) de Lisbonne. Ca m’avait plus ou moins échappé tant la chose paraissait à la fois caroublée d’avance et relever du non-sens (mais sans l’humour british qui va bien). Un référendum dont les résultats font penser à un plébiscite napoléonien, à des élections dans les anciens régimes de l’Est ou dans nos chères colonies pays amis d’Afrique. Une participation en hausse par rapport au premier scrutin (où le non l’avait emporté avec 53%) puisqu’elle est passée de 53 à 59 % et un traité approuvé par plus de 67% des suffrages.

Comme quoi quand on explique bien les choses aux gens, fussent-ils Irlandais, ils finissent par comprendre et voter comme on leur dit. Bon en plus là, on avait pris soin de poser des valises de billets sur la table sur le modèle du vieux croûlant de Corbeil-Essonne. Et, n’hésitant devant aucun sacrifice pour que le pognon la démocratie avance, on avait rassuré ces braves gens sur le fait que personne n’envisageait de les obliger à  faire plus de social ou à lever l’interdiction de l’avortement.

Le peuple a parlé, comme on lui en avait intimé l’ordre, inclinons nous. Bien sûr, après le coup du Congrès réuni à grand frais et à Versailles (ça en dit assez non ?) où toute une classe politique corrompue jusqu’à l’os, gangrénée par ses prébendes et ses trafics, installée dans son inutilité et sa pensée crasse, s’est crue autorisée à faire le contraire de ce que la souveraineté du peuple avait exprimé, il y a comme des questions.

Disons, pour ne pas y passer la nuit, que ce fabuleux et beau « oui » irlandais vient de réussir à enterrer définitivement toute idée de démocratie européenne (lire chez Marc Vasseur : c’est court et définitif). RIP. Aujourd’hui dans ce pays légal , dans cette UE des valets et des clercs, tu votes comme on te dit ou… tu revotes. Voire tu fermes ta gueule. On le savait déjà, ne serait-ce qu’ au travers d’un sytème électoral qui n’a vocation qu’à la reproduction en circuit fermé de petits barons aussi inutiles que nuisibles. Cette confirmation n’est pas une si mauvaise nouvelle en soi. Nous sommes déjà quelques uns à être passés dans l’après et à refuser (depuis plus ou moins longtemps) de donner procuration sur notre destin à une bande de félons consanguins qui ont la prétention de savoir et de décider à notre place.

Au jeu des béni-ouiouistes les plus rapides à se rengorger de ce vote historique (et il peut l’être mais pas comme ils l’espèrent), on a vu fuser bien vite la joie de ces sociaux libéraux, sociaux-démocrates toujours prêts à se donner au plus offrant (et sans vaseline pour les pauvres gens qui les ont suivi). A croire que malgré le succès annoncé et la méthode employée, ils ont tremblé pour leurs petits intérêts acquis dans la traîtrise et pour les maîtres dont la main les nourrit si bien.

A vaincre sans péril… Et l’affaire est désormais entendue comme l’explique le vespéral quotidien sarkozyste (lire ici). Et puis ce Vaclav Klaus est trop de leur sang et de leurs rangs pour qu’on s’abaisse à vouloir en faire un argument. Leur UE est là, ce n’est pas la nôtre. Leur Europe n’est plus un projet, c’est une idéologie. Elle est donc condamnée : ils sont le passif, nous porterons le renouveau.

Pendant ce temps, et pas grâce à une partie de ce PS dévoyé et grabataire, un autre fait majeur et porteur d’espoir. Là, il n’y aura pas « revotage ». Les officiels des deux camps, qui ont vomi le service public sur leurs Berlutti (Weston c’est vulgos non ?) achetées entre amis, en balaieront la légalité et la représentativité d’une même main.

Pourtant, en marge de toute institutionnalisation, sous-médiatisée, la votation sur La Poste a connu un succès inattendu. Peu soupçonnable de propager des idées anarchisantes, Le Parisien parle de « dizaines de milliers – voire de centaines de milliers de personnes » dans toute la France. Sans parler d’un résultat auquel on peut s’attendre 😉 c’est bien la méthode qui ouvre une nouvelle ère de démocratie. Directe. Par et pour le peuple, sans hiérarchie ni intermédiaires. La réaction du très fréquentable ancien motard et ministre niçois Estrosi en dit long : il compare ce vote aux méthodes soviétiques. Preuve que certains détails de l’histoire des dictatures de l’Est et de l’URSS ont dû échapper à sa sagacité motocyclétique d’histrion à cousinages bavarois. Et surtout démonstration que l’oligarchie des deux bords craint que sa confiscation du pouvoir légitime tire à sa fin.

Dans la même journée un vote a enterré la démocratie, un autre a marqué l’aube d’une nouvelle donne démocratique. Choisis ton camp camarade…

Et pour cette Poste (contre laquelle il m’arrive aussi de râler : putain, sonnez pour les recommandés merde 🙂 ) voici une belle preuve de ce qu’elle sait être au travers d’un emprunt à RichardTrois sur… LePost :


JEAN GABIN CONTRE LA PRIVATISATION DE LA POSTE
envoyé par edouardo26. –

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