Non, au Sarkoland tout prévenu n’est pas coupable, surtout certains qui seront à peine… prévenus

Posted on 29 septembre 2009

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La phrase a fait (assez ?) du bruit. « Deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant le tribunal correctionnel ».

C’est ce que déclarait le tout-petit-président depuis New York la semaine dernière, faisant fi de la présomption d’innocence tant il est obnubilé par l’envie de voir la Justice régler ses comptes et celui de Villepin. Ce faisant il a évidemment trahi sa fonction mais est-ce une première et cela surprend-il encore quelqu’un ?

Du coup l’UMP a fait sortir ses plus hauts spécialistes de la pensée juridique pour tenter de sauver ce qui pouvait l’être. De Lefebvre à Dati on a eu droit à des explications alambiquées et pitoyables, avec l’idée que, de fait, si on se trouve devant un tribunal c’est pas pour rien. Une évidence puisqu’il est bien connu que la relaxe n’existe pas – ou qu’elle va être supprimée s’il le faut 🙂

Il y a des cas aussi où on échappe même au tribunal. Ca peut arriver pour des délits mineurs, des querelles de voisinage… Mais c’est encore plus facile si l’on est fils… de Premier ministre. On découvre ainsi sur LePost.fr que « Le chauffard au volant du 4X4 n’était autre… que le fils de François Fillon ». Un rejeton pas des plus malin à lire les faits qui se sont déroulés en mai dernier et relatés par Ouest France.

Une femme âgée de 41 ans circulait à moto sur une bretelle d’autoroute entre Rennes et Lorient, quand elle a été collée par un 4×4 à l’intérieur duquel se trouvaient quatre jeunes.

« J’ai vraiment eu la trouille de ma vie. Il y avait deux jeunes hommes à l’avant. Ils m’ont collée. Moi, je roulais en appui contre la voiture. Un moment, ils ont ralenti. J’ai accéléré. Ils sont restés derrière moi quelques instants avant de me dépasser à nouveau. Là, j’ai eu droit à diverses insultes », raconte cette motarde qui a porté plainte.

Le conducteur du véhicule n’était autre que le fils de Fillon. Et que pensez-vous qu’il arriva ?  L’excité du volant a été convoqué pour un rappel à la loi. En clair on l’a prévenu que c’était pas bien ce qu’il a fait. Même pas une petite convocation devant le tribunal chargé de juger les coupables prévenus. Problème c’est que la victime – qui vit dans un pays dont le président dit et répète qu’il est de leur côté – n’entend pas en rester là. Elle a écrit au procureur pour réclamer qu’un juge d’instruction soit saisi ou que l’affaire soit renvoyée devant un tribunal correctionnel. Elle réclame 2.120 euros de dommages et intérêts.

Question subsidiaire : il peut s’agir là d’une grosse connerie de gamin mais si le gamin n’avait pas eu un tel paternel, aurait-il bénéficié du même traitement ? On est en droit d’en douter. Comme on a pu s’étonner que l’affaire du scooter du fils Sarkozy soit enterrée et que le plaignant soit débouté. Tiens, encore un prévenu qui n’était pas coupable le rejeton du nabotléon. Comme quoi…

François Devedjian, fils de… lui aussi, et avocat de son état (sans doute pas spécialisé dans le code de la route), avait au moins, lui, vu son 4X4 (marrant comme on aime ces gros véhicules dans cette droite qui veut nous taxer sur la pollution de nos vieilles Clio) être immobilisé se faisant gauler alors qu’il commettait une infraction en plus de conduire sans permis (lire ici chez Fabien).

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