Quand le gouvernement sarkozyste ose reparler des arrêts maladie

Posted on 7 septembre 2009

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J’ai failli en tomber de mon canapé. « La réduction des arrêts maladie, l’autre idée de Woerth », titre Libération.fr. Il s’agit une fois de plus du trou de la sécu. Alors on parle d’augmenter le forfait journalier pour les personnes hospitalisées et le ministre du Budget estime que « 17 ou 18 euros seraient un montant raisonnable » alors qu’il est aujourd’hui de 16. Il a fait ses comptes explique l’ex-journal de gauche: « en augmentant d’un euro le forfait hospitalier, «on fait rentrer 80 millions d’euros dans les caisses de la Sécurité sociale». Car, selon lui, étant donné que le déficit de la Sécurité sociale s’établissait cette année à 10 milliards, «il faut faire à peu près deux milliards et demi d’euros d’économies». »

Marrant (enfin non) comme on nous ressort toujours ce même couplet. Parce qu’en mettant bout à bout les déductions de charges injustifiées par ici – vous savez cette partie de la richesse produite par votre travail, en gros du salaire, que le patronat pleure et ne veut pas voir partir dans la solidarité nationale -, les cotisations impayées des entreprises, les dettes de l’Etat vis-à-vis de l’Assurance maladie (notamment), les sommes non assujetties à la redistribution (dividendes, stocks-options…), on est bien au-delà des besoins de financement.

Mais le meilleur c’est la suite. Camarade salarié, citoyen (mauvais) tu es un tricheur en puissance. Je lis sur Libé donc : « Autre piste évoquée par ce dernier (Woerth) pour réduire les dépenses de la Sécu ? La réduction des arrêts maladie, «une plaie en France». «On a d’ailleurs connu une augmentation très forte cette année. Il y aura donc des mesures de plus en plus sévères pour lutter contre ceux qui prennent des arrêts qui ne sont pas justifiés sur le plan médical.»  »

Dans la gêne y’a pas de plaisir, comme on disait chez moi. Alors qu’un nouveau salarié vient de se suicider chez France Telecom, que, dans les conditions actuelles, la souffrance au travail n’a jamais été aussi présente (sous-effectifs, pressions, menaces à l’emploi, harcèlement…), que l’on déconstruit la médecine du travail, jusqu’à lui porter « un véritable coup de grâce » (lire Gérard Filoche ici), que, tout simplement, chacun fait avec l’état de sa santé physique et morale; et bien, tout malade est un voleur potentiel pour la droite sarkozyste. Scandaleux en soi.

Mais encore plus avec un peu de mémoire. Car il est temps de ressortir des tiroirs le cas de la Secrétaire d’Etat (lyonnaise) aux aînés (c’est les vieux, ou les anciens en novlangue), Nora Berra. En juillet celle-ci a eu les honneurs du Canard Enchaîné. “Entre le 23 mai et le 6 novembre 2008, la sous-ministre a enchaîné, sans interruption, six longs arrêts de travail. Durant cette période, (…) elle a été tout sauf inactive”, affirmait l’hebdomadaire qui s’était procuré un “rapport de contrôle” de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). “Durant son congé,  cette jeune malade a participé, notamment, à trois séances du conseil municipal de Lyon, à quatre du conseil du VIIIe arrondissement”, relèvait le Canard , qui notait qu’elle a  “continué à percevoir ses indemnités d’élue”.  J’en avais parlé à ce moment-là relevant que son comportement n’était peut être pas illégal mais pas vraiment moral au vu des discours de la droite.

Alors aujourd’hui, je ne peux que répéter que c’est plutôt malvenu de mettre les citoyens « sous surveillance » et en accusation de la part d’un gouvernement qui oublie de regarder dans ses propres rangs. Et qui refuse de se tourner vers ses amis (commanditaires) nantis pour contribuer à l’effort.

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Posted in: humeur, Politique