Michael Moore dans les temples du capitalisme finissant

Posted on 3 septembre 2009

0


Il y a les pros et les antis. Chacun peut avoir son avis sur Michael Moore. J’ai quand même tendance à penser qu’il est avant tout cinéaste. Pas journaliste faisant un reportage (même si là aussi…). Donc pour reprendre le bon mot d’Agnès Varda, je ne vois pas de problème à réaliser un « documenteur ». D’abord parce que la soi-disant objectivité est le plus souvent une invention des pouvoirs en place. Ensuite parce que, comme le disait Jean Rouch à propos de ses films ethnographiques, à partir du moment où il y a une caméra on n’est plus dans la réalité mais dans sa retranscription avec des comportements changés ou induits par la présence de l’objectif. Enfin, parce qu’on parle ici de cinéma donc de parti-pris avec l’utilisation d’un certain nombre de techniques pour étayer son propos comme le ferait aussi un essayiste ou un pamphlétaire.

Donc big Moore rides again. Et cette fois, avec Capitalisme: a love story,  il s’en prend au coeur de la machine et se jette directement dans la gueule du lion capitaliste en se plongeant au coeur de Wall Street et du réacteur de la finance. Au moment même où une crise, que les libéraux de souche ou convertis, donc de tous bords, veulent croire passagère et réversible, secoue un système qui révèle ainsi sa déliquescence et sa prochaine obsolescence.

La bande-annonce promet déjà quelques moments savoureux parmi ces classes dominantes qui s’accrochent et espèrent perdurer malgré les conséquences visibles et nuisibles de leur comportement :

Sortie prévue le 2 octobre.

Publicités