Willy DeVille (1953-2009) – RIP

Posted on 1 septembre 2009

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Willy DeVilleCa commence à dater furieusement. Du 9 août exactement. Mais il suffit de partir en vacances pour que les mecs se barrent sans prévenir. Bon, il n’a pas dû choisir la date non plus. C’est bien notre souci à tous : on sait qu’on y va mais pas à quelle vitesse on y va. Il est vrai aussi qu’on s’aperçoit dans ces cas-là qu’on avait été négligent, qu’on ne prenait plus des nouvelles que de loin en loin. Le fil d’albums routiniers m’avait un peu fait décrocher, au point de négliger le dernier opus, Pistola sorti en 2008 et renouant, parait-il, avec sa meilleure veine.

J’ai donc appris la mort de Willy DeVille via un article de Libé qui avait sorti son Bayon – un des derniers valables qui restent dans le canard de barbichu -, qui lui-même avait sorti sa plume. 56 ans et un cancer du pancréas découvert trois mois plus tôt en soignant une de ces hépatites qui poursuivent les anciens de la pompe. Le New Yorkais, je l’avais découvert en 1981. Pas dans Rock&Folk, une fois n’est pas coutume pour cette époque, mais à la Une d’Actuel. J’avais 15 piges et c’était le premier numéro que j’achetais du mensuel de feu Bizot. Je l’ai encore d’ailleurs dans une de ces piles qui prennent la poussière et que je ne peux me résoudre à benner, ne serait-ce que pour un jour montrer à mon neveu de 5 ans qu’une vraie presse ça a existé… Son look de dandy rock, avant ces allures d’indien post-punk, ses chemises mauves ou à jabots, ses costards, vestes en peau de serpent, boots roots… : le mec avait de l’allure. Sa zik aussi allais-je découvrir sur la foi de l’article.

A l’époque, Willy (William Borsay) était encore avec son groupe et officiait donc en leader de Mink DeVille. Il s’était épris de l’idée d’une certaine romance française et parcourait un Paris qu’il plaçait sous l’égide du fantôme d’Edith Piaf en compagnie de Charles Dumont (pour les plus jeunes : va, lis et reviens). Il venait de sortir Coup de grâce. La galette atterrissait aussitôt sur ma platine. Parce que y’a pas à dire ce mec était fait pour le vinyle, celui qui tourne avec juste un fin rayon de lumière qui s’y reflète, celui des profondeurs soul et des aspérités rock, celui qui vous balade de romances en coups d’éclats. Tel était ce disque qui me fit aussi découvrir que l’accordéon ça pouvait sonner, autrement que celui de Verchuren et de la France profonde je veux dire, en mode direct from le bayou.

C’est d’ailleurs la Nouvelle-Orléans qui allait devenir son port d’attache. Là où, dit la légende, il découvrit, le 23 avril 1991, dans sa chambre d’hôtel le cadavre d’un Johnny Thunders, venu essayer d’enregistrer, mort penché sur sa guitare à la recherche de l’accord parfait.

Coup de grâce était déjà le quatrième album du groupe. Je revisitais donc les prédécesseurs : dans l’ordre Cabretta, Return to Magenta et Le Chat bleu. Globalement tous réussis. Avec une maldonne dès le premier puisque, sorti en 1977, les distributeurs l’affublèrent d’un stick « Punk », espérant le vendre en surfant sur la vague. C’était plutôt du côté d’un classicisme rock que lorgnait le Willy, avec ses accents bluesy, sa voix pleine de soul et toutes les influences du rythm’n’blues aux brass bands. D’ailleurs n’était-il pas aller chercher Jack Nitzsche à la production ?

La qualité ne faisant pas le succès, c’est connu, Mink DeVille poursuivait dans l’indifférence du grand public avec deux disques un peu en-dessous Where angels fear to tread et Sportin’life. En-dessous mais avec quelques perles comme Demasiado Corazon ou Italian Shoes. C’est sur ce titre qu’il faisait son entrée sur scène avec un rayon de lune sur ses pompes lorsque je le vit en concert en 85 à la Bourse du Travail de Lyon. Sacré showman pour lequel le mot coolitude aurait pu être inventé afin de définir sa longiligne décontraction. Et je parle pas des sapes. Ni de la musique qui relevait aux piments forts l’incroyable mélange de sa discographie.

Parti en solo, Mark Knopfler, en side project de Dire Straits, lui produira un Miracle aux petits oignons et qui reste un grand album. Mais de Miracle, il n’y en aura pas. Encore un Victory Mixture ancré dans les traditions New-Orleans un peu en-dedans pour « rien » et le succès  viendra comme par surprise, par effraction, seulement en 1992. Sur le très bon Backstreets of desire, voilà que le sieur DeVille se fend d’une reprise mariachi de Hey Joe. C’est le crossover et le succès mainstream, le seul vrai hit de sa carrière. Pas mal de tournées et trois autres livraisons un peu en roue libre se succéderont à partir de 1995. Avant le dernier donc…

Love and Emotion

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Spanish Stroll

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You better move on

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RIP

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Posted in: Musique