Skatopia planche sur une utopie anarchiste qui roule

Posted on 2 août 2009

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Le skateboard, c’est un truc que je laisse aux spécialistes (ici pour les aficionados et amateurs). Pour la simple raison que je ne suis jamais parvenu à tenir l’équilibre sur une planche – ni ailleurs d’ailleurs – plus de quelques secondes et mètres. Au mieux je regarde. N’empêche qu’il y a quand même toute une culture underground autour.

C’est en jetant un oeil sur le site du SIFF (festival de cinéma de Seattle) pour mon autre blog (this way pour ceux qui ne connaisent pas encore 😉 ) et sur l’affiche de sa sélection pour son « Sakateboard film festival » des 14 et 15 août que j’ai découvert dans sa programmation Skatopia : 88 Acres of Anarchy. Un film réalisé par Lauri House et Colin Powers. Et là certains me voient déjà venir puisque le sujet de ce documentaire s’avère plus qu’intéressant.

Un oeil d’abord sur le trailer, d’autant que je ne suis pas certain que la pelloche  soit diffusée un jour en France (peut être un direct to DVD qui tourne dans le milieu des riders ?):

La démarche de ces skaters relève de quelque chose ayant trait aux zones autonomes temporaires (les TAZ d’Hakim Bey) – version qui dure – ou/et elle peut être lue en corrélation avec l’idée des communes indépendantes, lieux (bastions)  avancés du monde post-capitaliste, prônée dans L’Insurrection qui vient par le Comité invisible.

Skatopia est en effet un bout de terrain dans les Appalaches (88 acres – j’ai la flemme de chercher la correspondance dans notre système de mesures) acheté par Brewce Martin, un fan de planche qui ne pouvait se résoudre à la vie de bureau, en 1994. Dans cette ferme, des skaters itinérants et des hillbillies locaux vont mettre la main à la pâte pour bâtir des rampes nécessaires à leur passion. Ils vont surtout s’évertuer à trouver un mode de fonctionnement qui leur permet de vivre en dehors des règles habituelles de la société.

Il s’agit de pouvoir plonger dans une folie à haute énergie, énonce Brewce Martin. Plans à la Mad Max, voitures brûlées durant les night sessions, mélange de cultures skate, punk et hillbilly, sont les fondamentaux d’un lieu où il est question de célébrer la liberté dans la vie de tous les jours.

Toutefois, les deux réal’ expliquent qu’ils n’ont pas non plus voulu cacher le côté « gourou » du maître des lieux – en sont absence pour cause de 60 jours de taule, le rythme des aménagements et l’énergie de la communauté connaîssent un vrai coup de mou, montrent-ils- les difficultés quotidiennes pour faire fonctionner cette utopie et le lot d’emmerdes que peut réserver ce terrain inhospitalier.

Même pour un non skater, la démarche et l’expérience sont intéressantes à un moment où, de toutes façons, il va bien falloir envisager comment changer nos organisations et nos fonctionnements en se préparant pour l’ère d’après… ou (et) en choisissant résolument des modes de vie plus en adéquation avec nos aspirations légitimes à moins subir la « machine ».

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