Pete(R) est allé chanter sur la colline

Posted on 27 juillet 2009

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Concert de Pete Doherty à Lyon. Le théâtre romain de la colline de Fourvière affiche complet pour cette nouvelle nuit d’été en ville. Ce qui veut dire qu’on doit taper dans les 4500 spectateurs. Environ. Dont certains ont dû se décider au dernier moment puisque 48 heures auparavant, la soirée n’était pas sold out.

A première vue la rock way of life c’est pas toujours facile en été. On dira ce qu’on voudra : le bermuda, le pantacourt ou les tongs, ça le fait quand même pas trop. Mais la soirée est tiède. On notera quelques louables efforts de kids et autres gamines. Groupies ados et fans hardcore qui iront squatter le fosse et ses premiers rangs. Sur l’exemple du britannique chanteur, né au Nord de l’Angleterre mais d’un peu partout au gré d’une enfance de fils de militaire, le couvre chef est fréquent et quelques uns poussent le mimétisme un peu plus loin. J’en aperçois un dans un coin, chemise blanche, cravate et veste noire, qui descend consciencieusement son kil de rouge. Un concert ça reste quand même aussi ce qu’on a à y faire. Encore faut il pouvoir échapper à un futur où on peut finir égaré et « perdu corps et âme dans les toilettes des dames » (Bashung). Mais le lieu est trop grand pour n’être occupé que par des post-pubères. Du coup l’ambiance est un peu différente de celle d’il y a deux ans. Au Transbordeur, en plein hiver, les Babyshambles avaient réuni un noyau dur de fans hurlant des Peeete déchirants et lookés comme pour la « une » d’un hypothétique Rocker magazine. Excellent concert d’ailleurs devant cette salle remplie à craquer de young rebels respectant à la lettre l’interdiction tabagique toute fraîche.

Revenons à notre nuit d’été. Et commençons par le commencement. Première partie : Cold War Kids. Un quatuor inconnu au (à mon) bataillon malgré deux albums au compteur. Heureusement Wikipédia est mon ami. Ils expliqueront d’ailleurs qu’ils finissent un périple en Europe et vont redécoller pour leur Californie. Sinon, c’est de l’indie rock encore inégal mais honnête et parfois prometteur. Des morceaux de power pop à deux guitares, des  incursions de claviers pour des tentatives mélodiques bien foutues… Ne seraient quelques dérapages, ça se tiendrait bien. Je retiendrai un mid tempo – le genre de morceau sur lequel on peut juger n’importe quel groupe – pas mal du tout si ce n’était le pêché de jeunesse de quelques joliesses guitaristique un brin inutiles et un final psychédélisant avec une étonnante absence de guitare pour une montée à visée planante.

Bon, et Pete(R) direz vous ? J’y viens justement. Une mini estrade drapée dans l’Union Jack. Dessus l’ampli pour la guitare (electro) acoustique. Un verre et des boissons dont – vu de loin – ce qui pourrait ressembler plus à du Porto qu’à du vin. La nuit tombait alors que mister Doherty arrivait et faisait signe de loin à renforts de grands mouvements aux gradins ravis. Puis backstage après avoir un peu tourné, il s’était laissé aller dans un fauteuil pendant que ses danseuses s’échauffaient.

Danseuses à pointes même que. Qui vont avoir pour mission d’apporter une touche romantico-bidule dispensable et occuper un peu l’espace. Parce que sur scène, le musicien est seul avec sa guitare dans un cercle lumineux, tandis que quelques effets vont utiliser le décor naturel des antique colonnes en fond de scène.

Le « roi » est nu quoi. Mais avec sa voix et sa gratte, il va tenir les travées et emballer le parterre durant un peu plus d’une heure. La tournée fait suite à son album acoustique, donc est dans sa lignée. Disque que j’ai pris soin de ne pas écouter, hormis l’incontournable Last of the english roses joué un peu partout sur les radios et TV. Ben oui. Parce qu’à mon avis,  il y a deux façons de voir les choses. Soit on arrive au concert en ayant révisé les oeuvres complètes du mec, et donc les plus récentes, soit on les découvre ou redécouvre live.

Et là rien à dire. Je suis pourtant plutôt du genre à préférer les conversions à la six cordes électrique pure et dure. Mais ça sent pas le folk manièré. Du tout. Dégingandé et cool comme pour son premier verre de gin, Pete(R) Doherty prouve qu’il est un sacré songwriter. Réduits à leur plus simple expression, les morceaux tiennent et emballent jusque dans certaines imperfections. Il est bien question de rock ce soir. D’ailleurs ce mode acoustique du trentenaire ne va pas sans m’évoquer, en moins noir et final quand même, l’immense Hurt d’un Johnny Thunders crépusculaire.

Costard noir et chemise blanche, il tombe le galure d’entrée prenant par surprises ses fans à chapeaux. Puis se met en bras de chemises, comme à la maison, pour enchaîner sans trop trainer en chaloupant autour de sa guitare et déchirer la nuit d’accords et de chants.

Pas moyen de vous faire une set list donc pour les raisons déjà évoquées. Mais une étonnante reprise, en version courte, de Billie Jean, avec quelques mots pour que dieu bénisse l’âme de Michael Jackson. Comme quoi… Efficaces aussi les Babyshamblesques You talk et Fuck forever et le Libertinien Delivery. Preuve de plus qu’une bonne chanson tient même interprétée juste à la sèche.

Un court rappel plus tard et c’est le lancer de coussins habituel qui l’amuse au point d’y participer en retournant au public son envoi puis en bombardant roadies et techniciens. Plus qu’à prendre quelques lettres et mots doux lancés à ses pieds…

Allez, un deuxième extrait mis en ligne (comme le premier) par cleophee69

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Posted in: Musique