Lyon : menottes et garde à vue pour une jeune femme soupçonnée d’avoir hébergé un « sans-papiers »

Posted on 27 juillet 2009

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Ca se passe comme ça au Sarkoland. Une histoire tristement banal d’un système de traque et de rafle des étrangers mis en place par le pouvoir de droite qui dérape. La victime est une jeune étudiante tunisienne, en master dans un prestigieux établissement de Lyon. Je l’appellerai A. car, traumatisée par sa mésaventure, elle tient à l’anonymat et n’a pas voulu pour l’instant se résoudre à alerter les associations de Droits de l’Homme ou à déposer plainte. Pourtant, il y a eu comme du dérapage et, en tout cas, la preuve que les discours lénifiants de ministres sont loin de la réalité policière.

Tout ce qu’il y a en règles, A. a donc vu les flics se pointer chez elle un matin de juillet. Menottes, fouille et au poste. On l’accuse d’avoir hébergé un clandestin. En l’espèce un ami qui était en effet dans l’attente d’un renouvellement de titre de séjour. Mais cela ne semble pas suffire à la maison poulaga qui doit faire du chiffre et s’imagine peut-être être tombée sur un terrible réseau de passeurs. Dans les conditions nauséeuses du dépôt, la voilà donc gardée à vue, menottée les mains devant puis dans le dos, pour finir attachée au bon vieux radiateur. Elle a beau demander à être détachée, arguer de son calme et de sa bonne foi : rien à faire, la police semble redouter la crise d’hystérie – vu les conditions on le comprendrait – voire pire, l’audacieuse évasion.

Donc ce qui relève d’une de ces fameuses arrestations qui n’ont, soi-disant, pas lieu de gens ayant hébergé des sans-papiers se poursuit. On veut faire dire à la malheureuse ce qu’elle ne peut. Les méthodes sont plus que limites, certains propos ambigus… Notamment de la part d’une fliquette qui tente de monter la pression par des menaces verbales et promettant à la jeune femme de la « griller en balançant son nom dans la presse locale comme passeur de clandestins ». Seulement, il n’y a rien et les zélé serviteurs des directives sarkozystes doivent bien se rendre à l’évidence. A. sera donc relâchée mais le moral en a pris un coup. Comme l’image de la France.

Une histoire réelle comme il en survient tant en l’an 2009 au sarkoland.

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Posted in: humeur, Politique