Dépenses persos, sondages, manips… les mauvais comptes de sarko

Posted on 19 juillet 2009

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« Les conneries c’est comme les impôts on finit toujours par les payer » (Audiard). En l’espèce, on n’en est pas encore là. Mais ça a fini par se savoir. Et via des sources sérieuses même que.  Au royaume du tout-petit président, les comptes ne sont pas bons et les châtelains se sucrent au mépris des autres sans vergogne. Se sucrent ou achètent et manipulent sur les deniers de la populace…

La Cour des Comptes s’est donc penchée sur le train de vie élyséen. Une première, nous dit-on, dans l’Histoire de la République, le dernier à y avoir eu droit étant Louis XVI (j’y ai pensé de suite aussi 🙂 )

On est loin du rapport, publié en juin, du député René Dosière – certes socialiste, et de ce fait attaqué comme ayant voulu faire polémique -, qui avait pointé une augmentation du budget du château de 18,5% en un an, à 113,182 millions d’euros. Une progression galopante, «sept fois supérieure à l’évolution du budget de l’Etat», avait-il noté. Il avait relevé une incroyable hausse de 51% des  « dépenses courantes de fonctionnement », sans que la présidence ne donne le détail de ce poste. On pourra toujours se réjouir que la notion de vie cher frappe à la porte du sommet de l’Etat mais ne nous faisons pas d’illusions sur les conséquences qui en seront tirées. « Seul poste de dépenses à avoir diminué, les aides sociales traditionnellement accordées aux personnes en grande difficulté auraient, en revanche, fondu de 22% », notait alors Libé.

Mais le document des conseiller de la rue Cambon et de leur président (de droite pourtant) Philippe Séguin, s’il n’est pas aussi mordant n’en relève pas moins des dysfonctionnements, et il épingle à plusieurs reprise la gestion élyséenne comme le relève Sarkofrance.

Il aura aussi permis de découvrir les étranges pratiques du pouvoir en matière de sondages. Une convention d’environ 1,5 millions d’euros avec un cabinet d’études (?) , pour l’heure obscur et inconnu mais qui pourrait bien être celui du conseiller et proche de Sarko, Patrick Buisson, ex de l’extrême droite (Minute, Le Crapouillot) reconverti derrière des façades un brin  plus honorables (la chaîne Histoire, après LCI, Valeurs actuelle ou Le Figaro). Et par le biais de ce cabinet, le paiement de près de 400000 euros pour commanditer des sondages et études… ensuite publiés par Le Figaro de tonton Dassault et LCI de cousin Martin.

Dans cette affaire, une fois de plus, le nom de l’institut, déjà controversé et accusé de manips par le passé, Opinion Way est évoqué. Celui-ci dément… Mais la société des rédacteurs du Figaro a elle-même réagi et demandé l’arrêts de ces sondages. C’est dire. D’autant que du côté du palais, il n’est quand même pas aisé de justifier plusieurs centaines de milliers d’euros de dépenses pour des études qu’il aurait été possible de lire… en achetant le journal, pour un coût d’une trentaine d’euros par an. Si ce n’est par le choix de fournir clés en mains, et aux frais du contribuable, les études qui arrangent et manipulent l’opinion à des médias consentants.

Toujours tiré du rapport de la Cour des Comptes, il y a cette affaire des 14000 euros. Comme ça, ça a l’air de rien et le nain élyséen a même remboursé vite fait avant la publication du dossier. Ben justement : on voit là toute la différence entre le monde des rollex et celui des gens. Parce que 14000 euros, ça se trouve pas comme ça sous le sabot d’un cheval. En français d’autre fois c’est pas loin de 100000 francs, 10 briques, 10 barres. Le prix d’une petite caisse et de mois d’économies ou de crédit pour le clampin moyen. En étant loin d’être parmi les plus désavantagés du système  – classe moyenne quoi -, je peux dire que je ne les ai pas en banque et que, comme on dit chez moi, c’est déjà une somme. Alors pour le smicard, le licencié, le Rmiste…

Et non seulement on apprend que le naboleon les trouve en claquant des doigts mais qu’il s’agit d’une erreur : des dépenses personnelles  avaient été réglées à l’insu de son plein gré par la cassette élyséenne et sur l’argent de l’Etat. Ben voyons. Heureusement qu’il y a eu ce contrôle quoi 😉 Si votre entreprise, administration, patron… veut bien vous payer 14000 euros de dépenses perso et ne pas s’en apercevoir, vous êtes preneur ?

[Edit : Ce matin le patron d’Opinion Way répond et tente de s’expliquer , de façon bien alambiquée, à Guy Birenbaum sur Le Post ]

Une progression galopante, «sept fois supérieure à l’évolution du budget de l’Etat».
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Posted in: Politique