Après les bavures policières, l’info embastillée: 14 juillet au sarkoland

Posted on 15 juillet 2009

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Un mec meurt dans un commisariat à Firminy. Pendu. L’enquête n’est pas terminé que la thése du suicide est avancée. Et alors ? Même cela s’avérait vrai, il y aurait quand même comme un problème. Et pour avoir lu certains commentaires sur les sites de quotidiens, il faudrait rappeler qu’entre une interpellation pour extorsion de fonds et mourir dans une cellule aucune comparaison ne tient.

Quelques jours plus tard un autre trouve à son tour la mort à un barrage de gendarmerie à Louviers, dans des circonstances plutôt floues. Loi des séries et la faute à pas de chance ? Vas dire ça aux familles…

Et puis il y a cette histoire de Montreuil : un squat évacué le matin, un rassemblement pacifique le soir… et violences policières avec des tirs au flash-ball à hauteur de tête. Bilan : un oeil perdu, celui de Joachim Gatti 34 ans, artiste « engagé » (et petit fils d’Armand Gatti dont il est impossible de résumer l’oeuvre et la vie ici donc : Wikipédia). Lire la lettre ouverte de son père, Stéphane, cinéaste, qui était présent sur les lieux peu avant le drame et qui relaie le récit de son fils sur l’intervention de la police.

Affaire dans cette affaire, une tentative de couvrir les faits par la préfecture via un communiqué repris tel quel par l’AFP et diffusé dans plusieurs médias comme l’expliquent, par exemple, Acrimed et @rrêt sur images. Ou ici. Comme un parfum d’info verrouillée non?

Montreuil toujours. Une manif fait suite ce lundi 13 à l’intervention du mercredi précédent. Bis repetita : la troupe a des instructions, elle montre les muscles. Peuple.net revient sur ces faits et met en ligne une video que je repique ici sans vergogne -;)

De bavures en répression systèmatique, une conclusion revient : le pouvoir et ses bailleurs de fonds – car derrière, ou avec, l’ombre de l’ordre libéral est bien là – doivent avoir de belles chocottes. Ils veulent faire peur à toute petite tentative de faire « autrement », ils veulent éradiquer toute tentative de protestation et, en plus de criminaliser la constestation sociale, ils abattent un répression censée décourager ceux qui auraient envie de s’exprimer.

C’est dans ce contexte que vient la nouvelle de la garde à vue d’un journaliste stagiaire. Du Monde, organe connu pour ses penchants révolutionnaires. Mais bon, jeunesse oblige, il voulait peut être juste faire son boulot. Il aura eu droit à la totale (je vous passe les détails style visite d’une prison turque à la Midnight express). Son témoignage sur le site du quotidien est édifiant.

Les flics d’Hortefeux rappellent à l’ordre une presse pourtant pleine de mansuétude (je suis poli mais collabo m’était venu en premier); on sait jamais si de mauvaises idées lui venait. C’est qu’on a beau tout contrôler, acheter ou presque, essayer (être en train) de poser les bases pour museler le web si besoin, on n’est jamais sûr de rien.

C’est donc ce jour d’anniversaire de la prise de la Bastille qu’on a retapé un coup. D’abord en se ridiculisant vis-à-vis de quelques membres de la Brigade des clowns. Et surtout en retenant et molestant un photographe indépendant (voire un deuxième agressé sous les yeux du premier). Cyril Cavalié prépare un bouquin sur les nouvelles formes de luttes festives. On a pu suivre via Twitter (@cyrilcavalie)  ses mésaventures (commencées aux Invalides ?). Voici quelques extraits:

« Est enfermé avec une quarantaine de clowns de la BAC dans un bus cellulaire de la police

A été blessé et subi plusieurs clés, dont une d’étranglement alors qu’il faisait son travail

Est toujours dans le bus stationnés devant le commissariat 12 passage Charles Dallery

S’est retrouvé avec une menotte au poignet assis sur un banc face à un portrait de N.S.

Etait avec un autre photographe, projeté et menotté au sol, dont l’appareil a été endommagé »

Il a décidé de porter plainte auprès de l’IGS. Et on se prend à rêver qu’il ait pu sauver quelques images du comportement de la maison poulaga 🙂

Surtout on constate les dégâts d’une politique en pleine dérive où l’illusion démocratique se fait de plus en plus ténue. Jusqu’où laissera-t-on aller le nain élyséen et ses sbires ? Chaque jour qui passe, on voit 10 sujets qui relèvent du mensonge, de la manip, de l’intimidation, de la volonté de baillonner. Et j’en oublie. De grave la situation évolue vers le désespéré…


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