Michael Jackson s’est fait twitter

Posted on 27 juin 2009

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Point de départ : ce post devait être fourgué ailleurs. Mais le sujet y a été traité autrement. Le billet me paraissait rester intéressant même si je ne suis pas un analyste et/ou un commentateur habituel des NTIC et de leurs conséquences. Mais, à l’aune d’un best-of télé de la journée je pense qu’il faut aussi réévaluer la portée de l’événement et son traitement.

Quoiqu’il en soit, Twitter s’est enflammé durant la nuit de jeudi à vendredi autour de la mort de Michael Jackson. Selon L’Expres.fr (qui relève via le hashtag #mj les traits d’humour autour de cette actu en surchauffe), il a connu son plus gros pic d’audience depuis l’élection de Barack Obama.

Le réseau de micro-blogging fut le premier à reprendre puis à répandre l’information de l’hospitalisation et du décès du roi de la pop. C’est le compte twitter BreakingNews de l’agence américaine BNO News qui semble avoir été le premier à tweeter sur le sujet. C’est en tout cas ainsi que j’en fus averti. Et je ne fus pas le seul comme l’explique le blogueur Fred2Baro sur son site Blugture.com. L’info fut immédiatement reprise par les  followers de BNO. Le décès était ainsi annoncé avant toutes les agences de presse et les télés qui allaient rester un long moment prudentes. L’AFP annonçait simplement une hospitalisation du chanteur, et au conditionnel, un quart d’heure après que Twitter bruissent déjà de la nouvelle du décès.

Il est vrai que l’origine pouvait paraître sujette à caution. C’est le site TMZ.com, spécialisé dans l’actu people à Hollywood qui donnait le la. Beaucoup restèrent donc prudents jusqu’à ce que le Los Angeles Times, CNN et les télés américaines emboitent le pas de TMZ. Celui-ci, qui avait déjà sorti qulques scoops comme l’accident de Natasha Richardson ou l’arrestation en état d’ivresse d’un Mel Gibson se livrant à des propos antisémites, gagne au passage ses lettres de sérieux analysait hier le site du très britannique Guardian.

Quoiqu’il en soit, le web a encore marqué quelques points dans ca capacité à réagir et diffuser une information. Et le réseau social Twitter fut le premier à diffuser une nouvelle qu’auraient manquée ceux qui ne sont pas des assidus du site web de TMZ. Télés et radios embrayèrent mais avec un temps de retard avant de prendre le relais en fournissant images et témoignages de circonstances (j’y reviens). Tant et si bien que le décès de Michael Jackson était tenu pour certain avant même son annonce officielle par le coroner de Los Angeles…

Après avoir relayé les événements iraniens, et suscité le débat sur son rôle, Twitter avec sa capacité à relayer l’information fait une nouvelle fois parler de lui dans un contexte où le web paraît gagner en crédibilité.

Le second aspect m’a éminemment sauté aux yeux en revoyant un zapping de la journée de vendredi sur une chaîne d’info. L’émotion mondiale écrase le reste et toutes les hiérarchies de l’information. Ainsi, les correspondants aux USA sont priés de guetter la réaction d’Obama sur le décès de la star alors qu’il reçoit Merkel pour traiter des grands problèmes du monde et notamment de l’Iran et de la crise économique.

Le président américain ne s’exprimera sur ce sujet people au final que par le biais d’un porte-parole, restant d’autant plus prudent que le personnage est quand même sulfureux. Idem en France où le boulot est confié au nouveau ministre de la Culture qui a évoqué la grandeur et la décadence des méga stars avec le talent qu’il a pour le sujet. Pour une fois Sarko ne s’est pas laissé entraîner sur un terrain qui n’a rien à voir avec sa fonction, je me dois de le lui reconnaître même si j’ai failli m’étouffer de rire en entendant sa Carlita s’exprimer.

La question n’est pas d’ailleurs de savoir si les médias en ont fait trop : Elvis, John Lennon, Edith Piaf, et peut être d’autres que j’oublie, suscitèrent autant d’émotion et une aussi large couverture – dans des périodes où les nouveaux médias n’existaient pas et où la télé n’était pas encore omniprésente. Il s’agirait plutôt de savoir tenir ce type d’actualité au plan où elle se situe et ne pas penser que tout est égal à tout. Ok pour bouffer du Jackson mais n’en faisons pas ce qu’il n’est pas, c’est-à-dire autre chose qu’une émotion collective qui prendrait le pas sur des sujets plus importants même si ceux-ci passent l’espace d’un temps à l’arrière-plan. Et ne pipolisons pas au point de mélanger tous les genres.

A part ça, en faisant l’impasse sur les dérives du personnage et son exploitation au nom du business, il me revient que je fus de ceux qui mirent longtemps avant de prêter vraiment l’oreille au Jackson pop des eighties et d’y trouver quelque plaisir et que, par exemple, un Prince a toujours été plus dans mes cordes musicales.

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