Attentat de Karachi : une sacrée casserole à trainer pour Sarkozy

Posted on 20 juin 2009

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– « Cette fois, je crois que nous tenons enfin une piste sérieuse mon petit Luca », grommela, l’oeil de nouveau malicieux et ce pour la première fois depuis longtemps, le commissaire.

– « Sans vous offenser, z’êtes sûr patron ?  Parce que jusqu’à maintenant c’est jamais allé bien loin. Comme pour son appart’ où personne a trop insisté pour fouiner ou son séjour chez un baron de la coke au Mexique. »

– « Mouais, je te donne pas tort et ce nabot a du ressort mais là va falloir qu’il réponde. Si la presse fait son métier, reprit Bougrol bourrant sa pipe parce que son ptit  numéro d’hier moitié excédé moitié énervé ça va pas suffire et qu’on dirait bien que y’a du biscuit dans le dossier »

– « Son numéro ? »

– « Regarde plutôt »

– « Bon, bein de quoi que ça cause cette histoire d’attentat »

– « Vas y, prends des notes. Le 8 mai 2002 un attentat à la voiture piégée faisait 15 morts à Karachi, ville du Pakistan, je te le rapelle. Parmi eux, 11 Français qui travaillaient à la DCN (Direction des constructions navales) dans le cadre d’un contrat pour la construction de sous-marins. Post 11-Septembre oblige, ainsi que la complexité de cette exotique contrée qui nous renvoie les ferments imaginaires de mots comme zones tribales portés par des récits sortis de Kipling, et en tenant compte de l’influence locale d’Al-Qaida, l’enquête s’orientait sur la piste islamiste. Tu suis ? »

– « Fastoche »

– « Donc le juge anti terroriste Bruguières est chargé du dossier. Chou blanc sur toute la ligne. Les investigations se poursuivent. Et les deux juges d’instruction antiterroristes chargés de l’enquête en France, Marc Trévidic et Yves Jannier, ont informé jeudi les familles de victimes que la piste islamiste était abandonnée. Pour une autre. Celle de rétro-commissions. Non versées, du moins en partie. L’attentat a-t-il été la conséquence de pots-de-vin que la France n’a pas versés à des officiers supérieurs pakistanais dans le cadre d’un contrat d’armement ? «C’est une piste cruellement logique» ont-ils même expliqué. L’enquête s’oriente désormais plutôt vers une « affaire d’Etat »a aussi affirmé l’avocat des familles. »

– « Là je m’embrouille chef. Et je vois pas vraiment comment que tout ça peut plomber la sérénité du nain pestinentiel »

– « Attends mon petit Luca et fais nous donc monter de la bière et des sandwich. »

– « Bon, on reprend. Figure toi que le contrat entre la France et le régime pakistanais pour construire ces bathysphères avait été conclu en septembre 1994. A cette époque, où j’avais quelques cheveux de plus et quelques kilos en moins, Mitterand finissait son septennat avec Balladur comme premier ministre. Tonton Edouard, le grand Ballamouchi, un des parrains du ptit Nico. Et le Ballamou, bein y voulait être président et il avait mis son Sarko au budget. Un Sarko qui devait aussi être son principal lieutenant dans la campagne. Ca va mieux là ?  »

– « Euhhh…. »

– « Pfttt. On est pas près de prendre le palais d’Hiver imbibés à la bière avec un tel sens politique. Alors je t’explique. Le principe des ces commissions est qu’elles sont versées pour acheter des sympathies locales et remporter le marché, on est d’accord, reprit un Bougrol rayonnant mais qu’elles sont rétros. C’est-à-dire que le corrompu local en reverse une partie là où on lui dit pour s’offrir à son tour certaines bienveillances et surtout que cet oseille bein y revienne discrètement à l’expéditeur et dans une poche moins officielle. »

– « Et l’attentat ? »

– « Tout simple. Sitôt élu face à son ami de 30 ans, Chirac décide que le tout mou va pas s’en tirer à si bon compte. Et il coupe le robinet afin « d’assécher les réseaux de financements occultes de l’Association pour la réforme » de son ami Edouard. D’ailleurs le grand – qui a quand même bien bâti sa carrière sur des coups fourrés – a la rancune tenace et, entre deux conneries, il n’aura de cesse de faire payer au nabot sa trahison. Bref, plus d’artiche pour les Pakis; il arrête de payer. Tu devines la suite… »

– « Je suppute. Mécontents, dans un système où le vrai pouvoir est à l’armée et aux services screts, les créanciers montent une opération en trouvant de pauvres types assez cons pour croire en quelque chose et les envoient se faire péter la bagnole sous les miches à proximité immédiate de nos compatriotes. »

– « Tu vois quand tu veux. Mais tu vas me dire que le nain élyséen n’est pas le seul mouillé dans la combine. Oui, sauf qu’il y est et qu’en terme de financement illégal ça se pose un peu là. Sans compter les victimes auxquelles il pense pourtant avant tout si on en croit ce qu’il dit ».

– « Va falloir qu’il se traîne un sacré boulet dis donc maintenant si les choses vont au bout. Et si ça fait le bruit que ça devrait », soliloqua bien malgré lui un Luca qui n’avait pas vu le commissaire partir.

Plus d’infos : Le Monde
Libé (qui annonce pour aujourd’hui de nouvelles révélations)
Ruminances
Rue 89 et Bakchich (très en pointe sur cette info)
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Posted in: Politique