PS, c’est la vie de château

Posted on 17 juin 2009

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Décidément, ce pauvre Parti socialiste glisse de plus en plus bas sous les sunlights mal éteints de ce qu’il croit être encore sa gloire passée. Les députés PS se rendront donc à Versailles, convoqués qu’ils sont par le roitelet à talonnettes pour un congrès où il entend user du verbe à volonté, dressé en s’imaginant comme un mini Napoléon, à Arcole ou ailleurs, face à une représentation consentante pour être bafouée par ses phrases mal tournées.

Que dira-t-il ? Peu importe en fait, le temps de discourir sur les feuillets de vent d’une péroraison qu’on nous annonce sur un timing (contrôlé sur Rolex) au-delà de l’heure viendra après. Et là nous sommes dans l’avant. L’avant d’un 22 juin dont la portée néfaste, si elle s’avère ainsi, n’éclatera que plus tard. Il est de fait que les tournants d’une Histoire se dissimulent si bien qu’ils ne sont guère perçus comme tel à ceux qui y prennent part et que les petites lâchetés d’un moment ne portent pas encore le nom des catastrophes en devenir.

Donc, ils iront. Bras dessus, bras dessous ou une main devant l’autre. Ils l’ont décidé ainsi. Comme si à force de rater des rendez-vous on ne finit pas immanquablement dans l’ornière. Là on n’ose y croire et sur l’air de Molière on ne peut que lancer: « mais que vont ils faire dans cette galère ? « .

Sous les panneaux du roi Soleil on les imagine déjà bien beaux avec des arguments aussi peu crédibles que le respect des institutions quand il s’agit pour eux simplement de ne pas insulter l’avenir, avec les prébendes qui pourraient l’accompagner, et de la sainte trouille de s’opposer trop fort. La peur de dire non et d’y perdre les petits avantages de barons que députés et autres élus d’un parti à l’agonie continuent à s’arracher comme des chiens sans plus aucun sens commun.

Les voilà donc prêt à aller faire allégeance à une réforme constitutionnelle qui acte une vrai coup d’Etat. Inutile de revenir sur les débats d’il y a un an mais entre régime parlementaire et présidentiel, l’absence de choix a ouvert la porte à tous les excès, à toutes les dérives. Au crédit du nain élyséen on reconnaitra qu’il ne fait que tirer les marrons d’un feu allumé par d’autres. Le quinquennat, en total contradiction avec les institutions de 1958 – et qui aurait pu se justifier à condition d’en prendre acte et de changer de République -, validé par tous les camps, puis l’inversion du calendrier, entre scrutins législatifs et présidentiels par le bricolo  Jospin, avaient déjà posé les solides fondations du détournement de légitimité. On y est donc.

Un président responsable devant rien va venir devant des parlementaires au garde à vous, mais surtout du genre bande mou, prendre les aises qu’un roi n’a pas. Puis il s’en ira : ni responsabilité, ni vote, ni sanction le cas échéant… Un truc à faire sortir de sa tombe n’importe quel prof de droit constit’. Le voilà à la fois chef de clan et au-dessus des partis, président et premier ministre…

Alors ? N’y a-t-il dans ce reste vermoulu de parti d’opposition quelque esprit sain pour sonner l’alerte. Un peu de vision historique et de stratégie ? Ou ne devons nous plus  compter sur lui et ne vaut-il mieux que le PRG d’un Baylet acheté lors de la révisions constitutionnelle pour une poignée de cahuètes? Il y a fort à parier qu’il convient désormais de le laisser se déliter et qu’il ne peut incarner le pôle autour duquel se fédérera un quelconque changement et encore moins le porter.

Communistes et Verts ont semble-t-il mieux saisi la portée de l’exercice et ne s’aligneront pas au rang du déshonneur versaillais. Au-delà de s’opposer, il y a des moments où il faut ne pas être complice. A voir ces bataillons de députés et sénateurs PS, gras du bide et se croyant bien assis dans le confort d’une démocratie qu’ils ne veulent pas voir sombrer, laisser au nabotléon la joie de la belle image qu’il souhaite s’offrir, il y aura comme des allures de vote des pleins pouvoirs.

Par delà la trahison, il y a les conséquences. On ne joue pas innocemment avec les pouvoirs. Et ce n’est pas le boycott du dessert en ne participant pas au simili débat qui suivra le discours pestinentiel qui les sauvera. Ils en seront comptables et ce ramassis de petits clercs ne devra s’étonner de se faire cracher au visage autant qu’il l’a mérité.

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Posted in: humeur, Politique