L’Europe, tu la fais, tu la kiffes, en tout cas tu la fermes…ou elle te quitte

Posted on 5 juin 2009

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En plein slow blogging, je ne pensais pas rouvrir un oeil dans une torpeur pré estivale pour reparler de l’escroquerie européenne de ce dimanche. Mais avec ce truc qui tourne en boucle depuis ce matin plus un ou deux éléments…

Parce que tu es appelé aux urnes dimanche camarade. Et c’est pour ça que jeudi soir y avait débat à la télé, sur France 2, chez mâââme Chabot. Tu as fait comme moi je parie et regardé autre chose que ce programme de la télévision d’Etat publique, âne bâté que tu es. Parce que c’est là que c’est produit le drame. Je te remets pas le bouzin, il passe partout. Au départ, si j’ai bien pigé, ça a commencé sur une histoire de « qui c’est qui a la plus grosse » dans les sondages manipulés commandés par les médias et (financés par les) partis dominants. Le rouquemoute, has been de la constestation, Cohn-Bendit y serait passé devant les listes de l’ex-futur président de la République « quand je serai grand »,  François Bayrou. Et là bing : « minable » lance l’un, « pédophile » rétorque l’autre. Je la fais courte.

Depuis, toute les nomenclatures d’appareil et les cercles restreints d’un pays légal qui n’existe plus sont sur le coup. Médias, blogs bien-pensants… et bien sûr politiques sont entrés dans la danse. L’ineffable outre franc-maçonne de l’UMP, Xavier Bertrand y va ainsi d’un couplet terrifiant de connerie régimaire se disant « écoeuré » et accusant Bayrou d’avoir « dérapé ». Eh gros naze de porte-clés sarkozyste (en attendant mieux), tu dérapes pas façon Jorg Haider hexagonal dans de drôles de virages pour faire de la retape toi ?

Ca aura fait parler de l’émission en tout cas. Parce que dans la série blanc bonnet et bonnet blanc pour les uns ou caricatures pour d’autres, ça avait l’air gratiné. On aura surtout vu l’impossibilité d’un débat de fond sur des élections européennes. D’abord parce que le parlement élu ne pourra pas mettre en oeuvre la politique de son choix. Et subsidiairement  car le système du prêt-à-penser déjà digéré ne veut surtout pas le permettre. De fait le concept de préférence pour la pêche à la ligne en devient un acte politique fort.

Je m’explique. Il y a quatre ans, tu avais, électeur de bonne foi que tu es, dit non massivement et en nombre par voie référendaire à un projet de constitution écrit à la truelle avec des alinéas aussi retors que ceux d’un contrat fourgué par un démarcheur à domicile. Pourtant, tu es retourné faire un tour sous les préaux pour nibe. Entre temps élections présidentielle (je développe pas les catas engendrés par ton vote, idiot de naif que tu es) et législatives. Et là, on te l’a bien faîte à l’envers. Reprenant le sujet sur lequel tu avais exprimé ta souveraineté directe et nationale (populaire aussi 🙂 ), ceux qui n’en sont que les délégataires se sont donné rendez-vous à Versailles. On ne mégotera pas sur le coût pour déplacer ces braves gens et leurs chauffeurs, ni pour les nourrir (c’était sur tes impôts): les lobbys financiers ont obtenu qu’ils te déjugent sans en avoir le droit et paraphent le traité à odeur de morue qui leur sied. Donc électeur te voilà engagé par un texte lisboète qui ne doit rien à Pessoa.

Le boomerang ? Même pas peur. Car je le vois bien venir l’argument des serviles serviteurs de l’Europe des maîtres de forges et des compagnies pétrolières : le traité de Lisbonne élargit – un peu – les pouvoirs d’une assemblée qui ne parvient à choisir entre Strasbourg et Bruxelles pour poser son cul(te). Et s’il est vrai que ce qui n’était au départ qu’une piètre chambre consultative composée de gens nommés a vu ses champs de compétences se développer et a connu plusieurs virages importants, avec notamment l’élection directe mais complexe de ses députés en 1979 et l’extension de sa capacité d’intervention grâce au traité d’Amsterdam (plus ici ou), on est toujours loin de quelque modèle démocratique défendable que ce soit. C’est donc la moindre des choses, dans le meilleur des cas, et un attrappe-nigauds, plus certainement, que le nouveau traité, comme le texte constitutionnel rejeté, tente d’apporter un plus dans l’organisation des pouvoirs, tout en voulant nous faire avaler le bouillon de la pensée unique des banques et grandes compagnies. C’est quand même le diable de devoir rappeler aux pseudos élites qu’un texte institutionnel devrait traiter… des institutions et pas des choix économiques, sociaux…

Revenons donc à ce débat télé où on avait soigneusement choisi – sans doute avec l’accord de l’Elysée ou de ses sbires – ceux qui y étaient et ceux qui n’y étaient pas. Peu d’arguments et des noms d’oiseaux donc. Et le dérapage ultime par la Chabot du Sarko qui nous en sort une bien bonne ce matin : “C’est la culture banlieue qui entre dans le débat politique. Tous les coups sont permis”. Pas mal celle-là non ? Sauf à ce qu’elle ait des indemnités de départ à négocier, voilà le service public qui crache sur… le public, celui qu’il devrait informer et tirer vers le haut. Baste.

Mais je vais rester sur la petite lucarne qui en dit long. Vu qu’on t’appelle à voter pour un machin inutile, sur un sujet sur lequel on t’a pris pour un con, l’analyse logique semble bien être que tu iras voir ailleurs si tu y es et refuseras de voter. L’argument pourrait d’ailleurs être réversible, je l’admet, et encourager à voter en masse et en faveur de listes « contre ». Mais le jeu parait tellement faussé que dès le départ le parti régimaire et son opposition brevetée officielle ont joué le cheval de l’absention.

Du coup, en parcourant mon programme télé de dimanche je suis un moment tombé des nues. Les Experts sur TF1, télé officielle des amis sarkozystes. Merde, une soirée spéciale sondage ? Que nenni : la série US et un bref flash après. Le service public alors ? Bein sur la 2 un journal de 20 heures un peu allongé (19h45 à 21 h) puis… une série US, Cold Case (affaire froide 🙂 ) avant une deuxième salve en seconde partie de soirée. Et sur France 3… un peplum US (Troie avec Brad Pitt) avant un Soir 3 spécial. Du coup ce sera pas l’Amérique pour les europhiles 🙂

Même Arte fera soft. Du coup, en-dehors de LCP sur la TNT et des chaines d’info, on devine facilement le message subliminal. Occupe toi pas de ça camarade-citoyen, laisse faire et ferme là en regardant ailleurs. De toute façon même si tu n’es pas d’accord on n’en tiendra pas compte.

Pour l’instant et avec ceux qui sont actuellement en place aux commandes de la politique, de l’éco et des médias. Allez, on se voit au bord de l’eau : je serai sur le fond à droite avec l’air peinard de celui qui sait que l’époque est à l’insurrection qui vient…

“C’est la culture banlieue qui entre dans le débat politique. Tous les coups sont perm
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Posted in: humeur, Politique