« L’Europe des maîtres de forges et des compagnies pétrolières… »

Posted on 28 mai 2009

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L’échéance approche et je n’ai encore pris le temps d’expliquer le profond mépris que ne peut qu’inspirer la consultation européenne du 7 juin. Projet dénaturé ou finalement dans les rails de ce que fut son ébauche par un marché libéral d’une communauté du charbon et de l’acier, cette vieille idée relève aujourd’hui d’un délit de tentative d’escroquerie. Démarche de déni démocratique qui prend le relais de l’effondrement des systèmes de représentativité et de souveraineté nationale – pour ne surtout pas être populaire ce qui obligerait à prendre en compte la réalité de la notion mythologisée du peuple -, elle n’a de légitimité qu’aux yeux des oligarchies dont elle sert les intérêts, de la droite régimaire à l’opposition dénaturée. Sans réalité ni frontière, sans projet ni morale, elle survit au final du désintérêt qu’elle suscite. Comme chez feu Jacques Martin, tout le monde criera avoir gagné le 8 au matin un scrutin qui n’a pour seul enjeu que de permettre à des élus vendus de s’acoquiner pour faire avancer des certitudes que l’épreuve de la réalité vient pourtant de renvoyer dans les cimetières à venir de l’histoire.

Je vais encore me scruter pour savoir si tant de bêtise, manipulée sous le boisseau d’une pensée tellement unique qu’elle ne peut être que marquée au sceau d’une rupture définitive entre ce que le peuple a décidé et ce que ceux qui vivent sur son dos veulent faire, mérite même un effort pour démontrer que la pêche à la ligne sera ce jour-là un geste politiquement plus fort que le bourrage d’urnes déjà programmé par ceux qui en ont la maîtrise. Il est des évidences suffisemment parlantes. Le fait de penser contre, ou autre chose, est en effet réduit, dans un débat sinistré, à un effet Godwin bis qui consiste à renvoyer tout opposant à la seule  théorie adoubée au rang de faiseur de guerres continentales ou de phraseur idiot; les slogans à peine arrangés en vue de futurs et hypothétiques enjeux nationaux ont pris le pas sur toute démonstration étayée.

Mis en ligne il y a quelques jours par JeandelaXR, un homme de la Colline, celle qui travaille et sait se révolter, à qui je repique l’idée sans vergogne, une vidéo salutaire offre comme un instant de respiration salutaire et prémonitoire. Homme de lettres et de théâtre, il s’est souvenu d’un de ces films NQF autrefois méprisés et dont ont redécouvre la force, si ce n’est de l’intégralité du moins de moments de bravoure. En l’occurrence revoilà un grand numéro de Jean Gabin dans l’adptation que fit en 1961 Henri Verneuil (scénario et dialogues écrits avec Michel Audiard) du roman de Simenon Le Président.

Je vous épargne le commentaire détaillé mais de l’oeuvre de politique-fiction au documentaire précurseur, il y aurait comme du cousinage non ?

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Posted in: humeur, Politique