Méthodes policières de la droite : le retour des appariteurs

Posted on 7 mai 2009

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La préfecture de police le nie avec tellement de véhémence qu’on ne peut que ne pas la croire. Le Canard Enchaîné daté d’hier (cité ici par Le Monde) révèle que « des policiers en civil ont volontairement provoqué les gendarmes mobiles chargés de disperser la fin du cortège du 1er-Mai à Paris, place de la Bastille ». Ces affirmations ne font d’ailleurs que confirmer les propos de participants à des manifestations récentes et notamment  celles qui avaient eu lieu lors du sommet de l’Otan à Strasbourg. La crise, la peur d’une certaine classe, un pouvoir plus que désavoué et qui peine de plus en plus à être reconnu comme légitime… et les « bonnes » vieilles exactions autoritaires ressurgissent.  Celle d’une droite qui ne voit dans la police que la milice chargée de ses basses oeuvres et retrouve ses vieux réflexes.

Appariteur. J’avais un peu oublié le mot. La méthode était pourtant prisée à la fin des années 70, notamment sous VGE et le gros Barre au moment de la crise de la sidérurgie  ou de défilés du 1er-Mai qui faisaient le plein. On y faisait alors un recours systématique et l’objectif était (et est toujours) de discréditer un mouvement en saccageant, en le faisant passer pour violent et en essayant de l’entraîner, suivant le vieux phénomène du mouvement de foule, vers des actes répréhensibles (tels que vus par la loi faite au service de certains intérêts bien sûr 🙂 ). Avec au passage l’avantage de pouvoir embarquer quelques mécontents pour l’exemple ou d’embastiller un ou deux « leaders ».

En voici d’ailleurs la définition de Wikipédia : « A l’heure actuelle, (appariteur) désigne un auxiliaire de police ou agents en civil effectuant voie de fait, violences et saccages sous couverture afin de justifier aux yeux de l’opinion publique, l’intervention musclée des « forces de l’ordre ». »

Encore une preuve que le sarkoland c’est bien le retour de la vieille droite, avec son parti régimaire et ses méthodes héritières des chiens de garde du Comité des forges d’avant guerre. Autant s’arrêter là car un Godwin est dans l’air 🙂

Revenons à ce qui, si l’opposition et la presse faisaient leur boulot, relèverait aujourd’hui, en 2009, de l’affaire d’Etat et devrait valoir, à la suite de ses autres bavures, mensonges et manquements,  un départ illico presto de MAM.

Parce que les affirmations de l’hebdo – dont on sait qu’il est plus que fiable – ne sont pas faites en l’air. Il déclare disposer de photographies montrant « ces individus encapuchonnés, baskets aux pieds, crânes rasés et bardés d’autocollants ‘Casse-toi pauv’con’ ou ‘Rêve général’ sortant deux par deux, de fourgons de police stationnés boulevard Richard-Lenoir ». Ces policiers en civil qui traquent le flagrant délit, quitte à le susciter, font partie d’une « compagnie de sécurisation », créée officiellement en 2005 par le nain élyséen, alors ministre de l’intérieur, afin soi-disant de « protéger les manifestants » contre les casseurs à l’issue des manifs lycéennes. Depuis, cette compagnie a écumé d’autres manifestations et, selon le journal, « il est question d’en créer d’autres ailleurs en France ».

D’une affaire Coupat à la multiplication des violences, les signes d’un pouvoir aux abois se multiplient. L’insurrection qui vient sera peut être simplement une chute généralisée, comme celles des fruit pourris tombant d’un arbre qui n’en veut plus.

Allez, souvenir : ça fait du bien par où ça passe 🙂

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Posted in: Politique