De la parano sécuritaire au ridicule en passant par la répression

Posted on 4 mai 2009

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Vingt-quatre heures de garde à vue pour un SMS. C’est ce qu’on peut lire sur le site du Courrier Picard. Les faits sont  simples. Un type dont le portable est en carafe bénéficie du prêt d’un modèle de remplacement. Un de ses potes, blagueur à deux balles, lui envoie un SMS demandant : « Pour faire dérailler un train, t’as une solution ? ». Bilan : l’opérateur-prêteur alerte les autorités, convocation de ce menuisier abbevillois de 29 ans et 24 heures de gnouf. L’expéditeur du SMS est lui perquisitionné et embarqué pour interrogatoire.

Procédure normale estime le procureur du coin. Ben voyons. Certes il y a eu le 11 septembre, Madrid et Londres, sans parler des anarchotonomesdultragôches de MAM façon Tarnac. Mais vous en avez déjà vu vous des terroristes qui demandent par SMS comment faire sauter leur bombe ? Tout ça fait un peu trop « le fil rouge sur le bouton rouge, le fil bleu… » pour qu’un flic de base et un parquetier de province n’aient pas eu quelques doutes. En tout cas voilà une blague qui du coup pue sa cellule de garde à vue.

Elle nous en dit quand même long sur une espèce de parano vis-à-vis d’un ennemi intérieur qu’on cherche à toute force et qui s’est emparée du systéme politico-judiciaire de cet Etat de droite que l’on subit de plus en plus.

Cela laisse aussi la place pour se poser quelques questions sur la confidentialité de nos échanges, même si quelque part céder à une contre parano serait servir les intérêts d’un pouvoir qui voudrait faire peur et mettre sous l’éteignoir les velléités de contestation publique. Sans compter qu’un flicage massif déboucherait pour le franc-mac instigateur de cette politique, Alain Bauer, et ses féons sur une somme d’infos intraitable que l’on pourrait d’ailleurs s’amuser à faire gonfler à l’envie en multipliant les signaux qui les inquiètent.

Puisque je suis sur le sujet de la montée en puissance d’un système répressif, la semaine dernière une femme qui avait eu le tort de participer à des manifs de soutien à Julien Coupat et aux inculpés de ce qui restera comme la tentative d’arnaque de Tarnac (un livre consacré à ce montage vient de paraître) s’est retrouvée elle aussi interrogée en GAV par les cognes. Pour voir comment on tente d’étrangler la moindre critique et de faire taire toute remise en cause, le site de soutien aux inculpés du 11 novembre dresse une liste d’exactions de la machine étatique qui a été mise au service des intérêts d’une seule caste. On peut aussi y signer l’appel à la libération de Julien Coupat, maintenu en dérention provisoire malgré un dossier vide et des garanties de présentation.

L’ensemble du mouvement social fait d’ailleurs l’objet d’une criminalisation systématique. Ainsi la dispersion de la manif du 19 mars à Paris donna lieu à l’emploi de méthodes policières pour le moins discutables et qui auraient mérité une enquête comme le montrent des images que j’ai déjà évoquées (ici). Quarante neuf personnes ont pourtant été poursuivies et les comparutions reprennent aujourd’hui. Un appel a, là aussi, été lancé, soutenu par plusieurs associations et partis et relayé ici sur le site (excellent) Bellaciao.

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Posted in: Politique