Il restera une fois Sergio Leone

Posted on 3 mai 2009

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Diantre. C’est en tombant sur un article de Ecrans.fr que j’ai appris que ce jeudi 30 avril marquait les 20 ans de la mort d’un cinéaste qui mérite une place particulière dans tout panthéon du 7e art. En tout cas dans le mien. Sans être un farouche partisan des classements, je place même Sergio Leone en haut de la pile. Avec quelques autres.

Un style à lui tout seul, un genre associé à son nom, le western-spaghetti, dont il est le fondateur mais en échappant au mépris que ce cinéma d’exploitation subit longtemps d’une critique auteurisante et bobo avant l’heure. Un mec à part. Assistant et réal de seconde équipe, scénariste… puis neuf films en tout et pour tout au compteur, dont un non-crédité, une co-réalisation et un repris en route pour éviter un naufrage. Vint la saga de l’homme sans nom, le succès, et celle des Il était une fois. Ajoutons quelques productions pour faire bonne mesure, quatre, dont celle de Mon nom est personne de Tonino Valeri, film que certains pensent qu’il a en fait largement réalisé.

Les articles, les bouquins, les études le concernant sont innombrables et son influence sur le cinéma de son temps mais aussi sur celui qui suivit est incontestable. De l’Asie à l’Europe en passant par une vague US personnifiée par Tarantino, les metteurs en scène qui s’y réfèrent, le citent, lui rendent hommage, le copient, le parodient, s’en inspirent nous proposent leurs pelloches semaines après semaines. Sans parler des rééditions en DVD.

Le web n’est pas en reste dans cette geekitude leonienne et l’article que j’évoquais, intitulé « Sergio Leone : il était une fois sur le web » (à lire ici), en fait un large tour d’horizon.

Le premier film que je vit de lui, je devais avoir 13 ans, c’était l’immense Il était une fois la révolution. James Coburn et Eli Wallach, de la dynamite, le Mexique, l’IRA et pas mal de cynisme sur les idéologies et le combat politique mais sans le récuser totalement, pas plus que le truandage comme philosophie de vie. Les autres suivirent (au cas où : Imdb te dira tout). Je ne sais plus trop dans quel ordre.

Je ne sais pas plus pourquoi mais Il était une fois dans l’Ouest a toujours bénéficié d’une place à part. L’impression d’un aboutissement ? Parce que c’est celui qui marque la fin d’une période avant une pause de treize ans de « traversée du désert », de difficultés à trouver des financements… ? Va savoir… Je ne su que bien plus tard que Dario Argento et Bernardo Bertoluci participèrent au scénario de cette sorte de tentative d’opéra filmique d’un maestro alors au sommet.

En voici donc le début ou presque avec l’accueil de l’homme à l’harmonica (Charles Bronson) par les flingueurs en caches poussière:

Toujours la mise place des personnages quand Jill (Claudia Cardinale) – et son thème musical- arrive dans la ville en construction où elle doit se marier avec un veuf, petit  propriétaire qui compte profiter de l’arrivée du chemin de fer mais qui finira flingué au nom du capitalisme en marche :

Inutile d’insister sur cette séquence et notamment le plan où la caméra enjambe le toit pour présenter le bled dont le Scope mérite à lui seul une vision sur grand écran.

Le film tire à sa fin. Le duel repoussé jusque là va avoir lieu entre l’homme à l’harmonica et Franck (Henry Fonda), l’homme des basses oeuvres de la compagnie qui installe la voie ferrée. L’affrontement va s’étirer comme la haine fondatrice entre les deux hommes. Même si dans Le Bon, la Brute et le Truand, (et même ses deux prédécesseurs) le règlement de comptes atteignait déjà des sommets et en  proposait une lecture totalement différente de celle des classiques hollywoodiens qui avaient bercé mes jeunes années et avaient su en faire des temps forts incontournables de leur narration, celui-ci m’a toujours semblé devoir être une sorte de quintessence de l’exercice.

Il est temps de conclure. L’homme à l’harmonica va reprendre la route en solitaire. Cheyenne, l’Indien (Jason Robards) invite Jill à porter à boire aux ouvriers qui continuent de poser des rails toujours plus loin pour un train qui vient encore d’avancer grâce à des pauvres gars qui le resteront. Amenant vice ou vertu ?

Cadeau bonus : un peu de philosophie sur la division du monde (dans Le bon, la brute et le truand)

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Posted in: Ciné