1er mai : faisons la fête… aux patrons

Posted on 30 avril 2009

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Voilà un titre qui vous pose le débat non ? Il est vrai que je viens de subir une sacrée caricature patronale en tailleur blanc du nom de Sophie de Menthon dans l’émission de Denisot. Elle passait par là avec Bernard Thibault, toujours adepte de la coupe au bol, qui va y avoir droit aussi.

Parce que je sais pas vous mais moi les jérémiades incessantes des représentants patronesques je commence à en avoir soupé. Avec toujours les arguments de charges qui étouffent et  voulant nous faire pleurer sur le sort des dirigeants de PME que l’on nous ressort chaque fois. De qui se moque donc cette blonde suintante d’une bourgeoisie reconvertie au bling-bling ? Je vais lui en faire goûter puisque c’est nécessaire des fins de mois difficiles, des lettres de licenciement abusif et des délocalisations financières. Je vais la mettre à la caisse d’un supermarché ou toute la journée debout derrière une machine la greluche ou encore l’envoyer le soir faire le ménage des entreprises à l’heure où elle suçote des cocktails dans un bar lounge après un détour par le salon de beauté.

Et en plus elle vient nous faire la leçon sur l’état de droit au sujet des patons retenus suivant l’exemple de la matronne des patrons l’héritière célibataire et sans enfant Parisot qui s’exprimait dans le journal officiel du sarkozysme. Comme Marc Cohen,  je les trouve sympas moi ces séquestreurs de n’avoir retenu les escrocs qui les jettent à la rue que quelques heures ou une nuit. Ils ont poussé loin une politesse que n’aurait pas l’ennemi de classe à leur filer des pizzas et à les laisser dormir. Je les aurais soigné autrement pour tout dire : à la dure et à l’ancienne, pas façon puzzle mais à la torgnole pour le moins. Quant à la leçon sur la légitimité, je rejoins Plume de Presse : elle est toute trouvée. Ces rats peuvent lâcher plus si on met la pression, alors tirons en au moins ce qui est possible quand ils délocalisent là où ils feront travailler des enfants ou presque. pour qusi rien.

Alors désolé mâme Menthon, mais ça me fait pas pleurer (mais un peu gueuler) les 2000 euros par jour de Bouton, pauvre retraité à 730000 euros annuels sans compter quelques rentrées diverses et variées et autres jetons de présence.  Et il n’y a pas de quoi sourire devant le golden hello de 500 000 euros attribué au nouveau directeur financier de Dexia, Philippe Rucheton, 60 ans. Surtout que c’est nous qui le banquons. En plus.

Je me disais donc qu’il y a des « cass’ toi pov’ connes » qui se perdent. M’est alors revenu en mémoire une sacrée histoire. Celle d’un type poursuivi… pour avoir fait les poubelles d’un supermarché en espérant y trouver sa maigre pitance. Une criminalisation de la pauvreté dénoncée en mars par Le Jura libertaire. L’Etat capitaliste et le patronat vont bien devoir remettre sur la table le partage du revenu, de gré ou pas.

Et le Nanard alors me direz vous… Bein avec Thibault, comme avec ses potes, il y aurait comme un souci. Il n’y a plus rien à attendre d’une CFDT devenue syndicat patronal depuis les années 90. Mais si on ne connaissait pas un peu l’histoire, on s’étonnerait de voir une CGT aussi molle et aucunement en phase avec le mécontentement des salariés. Il y a peu, je lisais dans la PQR que 67% des lecteurs internautes du Progrès de Lyon approuvaient les séquestrations de patrons. Et ce lectorat-là n’est pas un conglomérat d’étudiants anars et de bobos gauchisants. Mais les syndicats n’ont qu’une peur : être débordés et voir la politique s’inviter dans un mouvement, une crise, des problèmes qui sont avant tout… politiques.

Certes, « si les salariés ont recours à des formes d’actions plus spectaculaires, médiatisables, c’est aussi la conséquence de déclarations comme celles qu’avait faites le Chef de l’Etat, disant que les manifestations et les grèves ne se voyaient pas. Cela reste des cas isolés. Le gouvernement et le patronat essaient de déplacer le débat sur les moyens d’expression des salariés. C’est un réflexe classique consistant à criminaliser l’action syndicale. Pendant ce temps-là, on ne parle pas des responsabilités patronales dans la casse industrielle », lance un Thibault frileux.

Si frileux qu’on attend le Domota parigot (ou pas), le LKP métro et l’installation d’un vrai rapport de force; le seul à même de faire céder le système oligarchique et politico économique en place dont l’effondrement se dessine comme inévitable. Mais les intérêts de ces organisations ne sont ils pas trop antinomiques avec l’ouverture d’une nouvelle ère ?

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Posted in: humeur, Politique