Européennes : nous n’avons pas le même non Libertas

Posted on 23 avril 2009

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Je n’y avait prêté qu’une attention distraite. Villiers, Nihous; il faut autre chose pour m’arrêter.  Mais depuis quelques jours les blogs s’agitent. Enfin, quelques uns. Sur le thème : c’est quoi Libertas – cette « association » financée par le milliardaire irlandais Declan Ganley, anti-européen, atlantiste et qui a milité pour le Non dans son pays -, et surtout faut-il voir sa main derrière des vidéos virales diffusées sur le web à l’occasion des élections européennes ?

Un article plutôt vague sur l’Express.fr, repris par Libé. Une réaction critique  tweetée par Versac . Et là ça s’emballe. Eric Mettout de L’Express nous rejoue la guerre crédibilité des journalistes (la nôtre) contre celle des blogueurs (la mienne 🙂 ). Sur Meilcourt, son blog, Nicolas Vanbremeersch (Versac donc) répond en recadrant l’interrogation sur le fait de savoir qui est derrière cette campagne et comment en restant anonyme elle échappe aux comptes officiels. Sur LePost.fr un autre blogueur, MryEmery va creuser la quetions : Versac via « Spintank », sa boite de com fait la campagne de Michel Barnier (qui va en avoir bien besoin), il n’est donc pas tout à fait neutre dans le débat puisqu’il affirme que c’est une autre société de com’ « L’Enchanteur » de Arnaud Dassier qui est derrière la campagne. Démenti de ce dernier mais nouvelle couche hier sur Eurojunkie qui lui adjoint Edouard Fillias, communicant venu… d’Alternative Libérale formation assez éloignée des souverainistes.

Tempête dans la coupette de quelques happy fews ? Un peu quand même mon neveu.

Sauf que la nuit dernière, pérégrinant je tombe sur le geekissime site Wired – par le plus grand des hasards, je le jure, ayant suivi un lien pour trouver les différentes applications musicales utilisables via Twitter. Et je découvre le bandeau que voici, que voilà:

libertas-wired

Z’ont les moyens me dis-je alors. Baste, me voilà à suivre le lien. Le piège. Parce que la question posée sur le site est diablement bonne. J’ai dénoncé le déni de souveraineté constitué par le vote du traité de Lisbonne par un parlement dévoyé et discrédité; un texte qui reprend celui d’une constitution rejetée par voie référendaire. Et j’avais auparavant estimé nécessaire de refuser un projet constitutionnel qui n’en était pas un puisqu’il allait au-delà de ce que doit être un tel texte (organisation des pouvoirs, garantie des libertés, fonctionnement des institutions…) pour ancrer l’UE dans un système économique ultra-libéral qui a, depuis, largement fait faillite.

La campagne souverainiste des Villiers, Nihous – en France – et de leur généreux et douteux soutien est donc très habile. Toute constitution devrait passer par la voie référendaire, surtout à l’ère d’une possibilité de démocratie de plus en plus directe, participative voire numérique (?). Elle devrait d’ailleurs être rédigée par, ou sous le contrôle, d’une assemblée constituante comme l’ont suggéré Cohn-Bendit et Bové.

Impossible pourtant de répondre oui à la question du site Libertas : nous ne partageons pas le même « Non ».

La dernière réalisation de « leur » com’ en est une preuve même si le détournement peut paraître drôle et bien foutu:

Déjà les Klakos c’est limite vexant. Pour mémoire, le film détourné est 300 de Zack Snyder adaptée de la série de comics éponyme de Franck Miller. La critique tomba bêtement sur ce film qui valait bien mieux. Cela ne doit pas nous faire oublier son aspect sulfureux, comme celui de la BD et de son génial auteur, aux prises de positions proches de la droite dure, voire de l’extrême droite américaine. L’histoire est celle de la réisistance de 300 Spartiates à l’innombrable armée perse…

Même si le chasseur et le vicomte ne doivent pas se pencher tous les soirs sur ce type d’ouvrages, leur entourage et leurs communicants ne peuvent ignorer les résonnances de l’objet détourné.

Voilà qui est gênant et/ou en dit long…

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Posted in: humeur, Politique