Coupat : au sarkoland, tout ce vous pourrez lire pourra être retenu contre vous

Posted on 22 avril 2009

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Figure toi lecteur qu’il y a des gens pour lire des livres. Mais si, ces trucs constitués de pages en papier reliées entre elles avec des mots écrits dessus dont l’assemblage produit du sens ce qui peut entraîner la formulation d’idées et la réflexion voire le rêve ou le plaisir. On y est là ?

J’ai l’air de plaisanter mais l’affaire Coupat – ce mec tellement d’ultra gauche qu’il tenait une épicerie sur un plateau lozérien pour pervertir la population locale avant d’attaquer nos TGV -, connaît un nouveau rebondissement judiciaro-policier. Même que c’est Libé qui le dit : « Les livres de Coupat sur PV ». La sinistre de l’Intérieur MAM avait déjà évoqué, rappelle ce qui reste du quotidien de feu Pacadis, de Bayon, Garnier «des écrits qui légitiment les attaques contre l’Etat». Du coup les enquêteurs au dossier vide s’intéressent à la bibliothèque du présumé coupable sur l’air de tout ce que vous pourrez avoir lu sera susceptible d’être retenu contre vous.

Pauvre police, elle va avoir du boulot. Je vois déjà l’agent Dugenou obligé de se taper tout ça sur ses week-ends. C’est qu’il lit, le bougre d’anarchiste. Plus de 5000 ouvrages recensés dans sa bibliothèque. Vingt-sept semblent focaliser l’attention : de Toni Negri à Timothy Leary. Que des textes en vente libre.

Il est vrai que le pouvoir est tellement dans la mouise sur cette affaire qu’il a voulu monter qu’il s’accroche à démontrer que Coupat a… rédigé un texte « L’insurrection qui vient », manifeste publié par les éditions La Fabrique et mis en ligne depuis. Auteur officiel : un collectif nommé Comité invisible. Ca fait flipper dans les coulisses répressives ça en période de basculement vers le post capitalisme.

Du coup : convocation de l’éditeur, Eric Hazan et audition par la section anti terroriste pour lui faire cracher le morceau sur ces gens si menaçants puisqu’ils écrivent. Hazan a reçu le soutien de ses confrères dans une tribune publiée par Le Monde. Ceux-ci écrivent notamment : «Pour nous, l’édition est avant tout un espace de liberté. La question n’est pas d’être d’accord ou non avec les thèses du “comité invisible”. La question, c’est, très simplement, celle de la liberté d’expression, aujourd’hui gravement menacée en France par les représentants de son Etat, au nom d’une conception dévoyée de la lutte contre le terrorisme.»

Et c’est là qu’on se dit que les dérives du sarkoland et de son petit maître commencent à sentir vraiment mauvais. Un peu l’odeur de brûlé d’autodafés de sinistre mémoire. Et on se prend à évoquer une lecture de jeunesse, le roman d’anticipation de Ray Bradbury: Fahrenheit 451. Il sera adapté au cinéma par François Truffaut en 1966 :

Dans anticipation, il y a anticiper…

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Posted in: humeur, Livres, Politique