Alain Bashung (1947-2009) -RIP

Posted on 15 mars 2009

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Il y aura toujours des nuits comme ça. Ces nuits où la machine a gagné. On se retrouve là essoré, fatigué, dégouté, épuisé par les monstrueux rouages d’un truc qu’on nommera, à la fois et sans trop savoir où viser juste, capitalisme, patronat, hiérarchies, concessions,  libertés abandonnées et rêves trahis. Cette soirée restera de celles-là, de celles où une chose trop prévisible porte sur la marmite son couvercle noir. Celui qui éclaire un peu mieux tant d’inconsistance et de vanité, qui révèle la crue réalité.

Bashung est mort, lance simplement une voix. Etrange alors ces solidarités qui se tissent entre inconnus ou presque. Comme des fanaux d’embarcations à la dérive, des inconnus ou presque ou pas twittent, mailent, smsisent les signaux écorchés d’une histoire qui ne peut que leur appartenir, renvoyant sur un clip, un morceau…

Car au final on ne sait qu’en dire, si ce n’est à tracer le rock-portrait convenu d’une bio en boots et perfecto. Alors, plutôt que parler: choisir. Mais quoi ? Gaby peut être ?, remonté des années collège-lycée, première sonorité avant Vertiges de l’Amour à venir échouer dans nos oreilles en mode transistor. Play Blessures – et sa Martine boude (qui revient toute en nage quand elle fraye avec des petites garçonnes de son âge) -, vision à deux avec Gainsbourg, le géant d’avant ? Mouais mais dans ce cas pourquoi pas Novice ou Fantaisie Militaire ? Ou même un single genre SOS Amor, L’Arrivée du Tour ? Voir un live comme Confessions publiques ?

Parce que pour chacun il y aurait une époque, un état, des espoirs et du désespoir, une ou des histoires, des filles et des nuits, des verres ou des bouteilles… Ouais, à chaque fois on peut retrouver un peu de l’univers auquel il servit de fond.

Commentateur régulier de ce blog, Mr Hulot trouva, sans le savoir (pour ce qui me concerne s’entend), le détonnant révélateur. Osez Joséphine, l’album de 91. Son clip, ses clips d’ailleurs avec Volutes. Un disque abordable, grand public mais un son, des compos et reprises uniques pour une réussite totale.

Et puis une époque. Un moment. Des nuits plus belles et longues que les jours. De celles qui recommencent au lever et s’achèvent à 7 heures du mat’ par un dernier blanc. La fureur encore, ou déjà, les possibles qui se conjuguent au pluriel, plus gamin mais encore jeune. Décadence en transes, violences, errements, expériences et pour relancer la machine ce riff encore et toujours. Putain de morceau, putain de LP. Putain d’époque dont quelques bribes seulement ont réchappé des brumes. Alors tant pis si ce n’est pas très original :

Et pour de tristes nuits de mars une superbe version de Suzanne via Mossieur Resse :

Vodpod videos no longer available.

RIP

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Posted in: Musique