Hadopi : vers un web à la chinoise « grâce » à Ollier

Posted on 8 mars 2009

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Patrick Ollier ça vous dit quelque chose ? Pas trop hein. Heureusement Wikipedia est ton ami et la Quadrature du net a consacré une page au député des Hauts de Seine. Marrant tiens, comme dans Cosa nostra, N’Dragheta ou la Camora où beaucoup viennent des mêmes villages, on retrouve une géographie commune à pas mal de monde dans les dérives du sarkoland.

Mais revenons à notre Ollier. Il est un peu la figure de cet élu de la Ve République, professionnel de la politique tout en étant trop médiocre pour rêver d’une place de premier plan ou de quelque strapontin ministériel. Tout juste l’avait-on remarqué pour un intérim à la présidence de l’Assemblée après que Jean-Louis Debré a rejoint le Conseil constitutionnel nommé par Chirac. Il présida alors une séance. Il fit surtout parler de lui à l’automne dernier pour des propos racistes affirmant que « les candidats de couleur n’ont pas été élus car ils n’avaient pas le niveau d’une élection ».

Mais ce simplet à tête taillée pour porter le béret est aussi le compagnon de MAM. Une ministre de l’Intérieur qui, quand elle ne voit pas des complots anorchotonmesdultragôches tendance Coupat partout et ne monte pas des opérations bidons plutôt que de se pencher sur ses dossiers de l’Outre-Mer autrement que par l’envoi de CRS, a une marotte : internet. C’est que l’Alliot-Marie, elle s’en méfie de ce truc et qu’elle s’inquiéte depuis un moment sur le filtrage et la surveillance de cet instrument privilégié du pédophile et du terroriste. D’ailleurs, elle n’est pas la seule. Le risible et nuisible Lefèbvre (qui est peut être un troll : vote ici)  y voit un nid pour « les psychopathes, les violeurs, les racistes et les voleurs ». Une si belle énumération qu’elle mérite un flasback (ici sur PCInpact) et qui souleva ma propre inquiétude, m’incitant à aller me dénoncer aux flics car pour passer du temps derrière mon écran j’avais sans doute quelque chose à me reprocher et si je ne savais quoi, eux devaient en avoir une idée.

Trêve de plaisanterie car en fait la boucle se resserre. Le projet de loi « Création et internet » dit aussi Hadopi rédigé au profit des lobbys de la musique et du cinéma sous couvert de lutter contre le piratage faisait déjà l’objet de critiques et méfiances. Y compris dans les rangs de l’UMP (lire ici et là des commentaires édifiants). Mais le mari de la chanteuse et ses sbires y tiennent à ce texte raillé par Nicolas Dupont-Aignan comme celui des « amis du Fouquet’s« . Et sur son blog, il s’interroge à la suite de Numerama sur l’opportunité de commissions d’enquête sur la ministre Albanel (déjà passée à travers les gouttes sous Chirac au sujet du château de Versailles) et sur ce dossier.

Surtout l’ex député UMP, peu soupçonnable quand même d’avoir viré en dangereux gauchiste s’inquiète de « l’importation en France de l’internet à la chinoise ».

Bingo. Ollier a déposé un amendement au projet Hadopi qui n’est rien d’autre que « la mise en route à grande échelle de l’engrenage du filtrage ». Bref, on y est. La porte est ouverte comme le résume un pote (pas la peine d’essayer de reformuler de façon alambiquée un truc dit clairement que l’on peut repiquer sans rien faire 🙂 ) : « En quelques lignes (que son auteur n’a sans doute pas trouvées tout seul), c’est l’arme nucléaire qui est amorcée. Elle fait merveille en Chine et dans d’autres contrées sympathiques. Ça change la nature de la loi. Pas dans le bon sens évidemment. La justice – dont le métier consiste à faire appliquer la loi – pourra déférer aux injonctions des intérêts particuliers de l’industrie musicale ou cinématographique. Plus besoin de poursuivre les internautes. Les FAI seront en première ligne et tenus, le cas échéant, de fermer le robinet à la source. Nul doute qu’ils se plieront sans barguigner : la loi est la loi, non ? Une procédure habile qui permet d’escamoter la critique selon laquelle une autorité administrative se substituerait au juge judiciaire. Autre faculté de ce tour de passe-passe législatif discret mais lourd de conséquences – et c’est là que la réaction en chaîne intervient : il deviendra désormais loisible à tout pouvoir d’appliquer la méthode à n’importe quel autre domaine, bien au-delà de celui de la création (sic).
Fastoche, non ?  »

Reste à espérer que cette menace pour les libertés permette d’élargir la contestation (pour en savoir plus un clic sur le carré noir en haut de la colonne de droite 🙂 )

Une question se pose désormais : où trouver des formations au libre, au cryptage, à l’utilisation de proxies disséminés à l’étranger et pour apprendre à s’auto-héberger sur ses serveurs ? Et comment passer par des FAI indépendants ?

L’interview de Benjamin Bayart de FDN et sa conférence sont plus que jamais d’actualité.

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