Pourquoi un deuxième trou de balle à l’UMP ?

Posted on 3 mars 2009

0


Que l’UMP soit un nid de trous du cul, on le savait. De là à menacer de faire un deuxième trou de balle à quelques uns de ses membres, en vue ou moins, on peut s’interroger. En tout cas l’affaire fait grand bruit depuis hier. Sarko et neuf responsables de la droite régimaire ont reçu par courrier une petite baballe. Du 9 mm pour tous, sauf du calibre 38 pour deux : le nabotléon élyséen et Raymond Couderc, maire de Béziers et sénateur UMP de l’Hérault.

L’affaire a été révélée hier par le journal Sud-Ouest puisque parmi les personnalités « visées » figure le maire de Bordeaux (et ancien un peu tout) Alain Juppé. La liste comprend aussi les ministres en exercice Michèle Alliot-Marie, Christine Albanel et Rachida Dati, et des élus locaux : le très visible et risible Frédéric Lefebvre, député des Hauts-de-Seine, Christian Vanneste, député du Nord, Jean-Paul Alduy, maire de Perpignan et sénateur des Pyrénées-Orientales et Jacques Blanc, sénateur de la Lozère.

Cet envoi, postal – as-t-on pensé à interroger le facteur et ses confrères -, pourrait évoquer quelques pistes. Le milieu mafieux bien sûr où l’envoi d’une bastos signifie un arrêt de mort. Mais aussi une provoc’ de type situ pour tourner en ridicule le parti au pouvoir unique (ou le parti unique au pouvoir). D’ailleurs, avec un brin d’amusement j’ai pensé que peut être, en plein procès, des amis corses voulant du bien au clan Tiberi auraient pu vouloir rappeler à leurs amis d’hier qu’il faut penser à ne pas les lâcher.

Mais, situs ou surtout truands n’auraient sans doute pas accompagné leur missive métallique d’un courrier qui dit : « Ministres, députés, sénateurs pourvoyeurs de lois liberticides, et fascistes… Vous n’êtes que des morts en sursis ». Alors quoi se dit avide le lecteur, quelle peut être la piste si on écarte le règlement de comptes collectif façon western ? La première est celle du déséquilibré, la seconde est politique. Un groupe de méchants gauchistes en voudrait à la droite Umpiste. En pleine crise et naufrage du pouvoir cela serait plausible non ? Et en plus cela aurait au moins le mérite de souligner le courage et la volonté de ces hommes qui doivent prendre des risques pour servir leur pays en y appliquant la politique du patronat et de la finance.

Et là on se dit : encore une manipulation pour faire monter la sauce répressive. Que des menaces aient été proférées, pourquoi pas ? Que l’info sorte aussi vite : bizarre. En général ce genre d’affaires est traité avec discrétion et par les services spécialisés.

Et on repense à l’arnaque de Tarnac. 109 jours de détention préventive pour Julien Coupat. Pour un dossier vide ou presque ça commence à faire. On va donc aborder l’affaire du deuxième trou de balle des dirigeants de l’UMP avec pas mal de circonspection.

Et se souvenir que la peur du terrorisme sert ceux qui s’en servent. C’est ce que nous explique Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste, qui évoque ici l’affaire des inculpés de Tarnac

Et en complément une interview audio du sociologue Jean-Claude Paye, auteur de l’article « L’affaire de Tarnac : symptôme d’une société psychotique » pour Voltairenet.org :

http://www.radio4all.net:8080/files/anonymous@radio4all.net/16-1-jcp.mp3

Publicités
Posted in: humeur, Politique