Sarkoland : repli(s) en rase campagne

Posted on 16 décembre 2008

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L’effet grec ? La politique c’est versatile. On ne saura que plus tard si ce lundi 15 décembre aura marqué un virage. Il fut en tout cas un jour de reculades significatives, de la démonstration patente d’entêtements stupides et le signe que vouloir imposer et s’entêter au nom d’une soi disant légitimité ne résiste pas à l’épreuve d’une opposition réelle et farouche. Leçon que d’autres sauront retenir sur les dossiers liberticides et de casse sociale que le pouvoir croit arriver à faire passer à toute force.

« Je ne suis pas le ministre de l’hésitation nationale » déclarait Xavier Darcos le 11 décembre. Le délégué de la frange extrémiste de l’Eglise, marionnette de l’Opus Dei a dû manger son bulletin en public dès hier matin. La mauvaise note de conduite pour le ministre de l’Education serait tombée directement de l’Elysée. Conséquence : le ministère a officiellement annoncé le report d’un an de la réforme du lycée, qui s’appliquera ainsi à partir de la rentrée 2010 jusqu’à la rentrée 2012. Pour avoir l’air moins ballot il a été précisé que « la réforme devrait concerner cette fois l’ensemble des classes de lycées, et non la seule seconde » selon Le Monde. Ca a quand même des allures d’enterrement… parce qu’en 2010, il y aura des des échéances à préparer.

Il est vrai que la contestation ne cessait d’enfler :

Et que du côté de la présidence on se méfie des mouvements sociaux susceptibles de prendre de l’ampleur en même temps que la crise s’étend. On a sans doute dû y lire le sondage dans lequel 68% des Grecs affirment soutenir les mouvements de ces derniers jours. Il n’est jamais mauvais pour qui veut diriger la France de se rappeler que ce pays trancha la tête à un roi. Une angoisse réelle semble hanter les couloirs du château comme l’expliquait LePost.fr.

On ne peut nier que pas mal d’éléments d’un accélérateur d’Histoire commencent à être rassemblés. A commencer peut être (paradoxalement ?) par la décomposition de la gauche voire même par le morcellement d’une extrême-gauche qui auraient du mal à se poser en recours ainsi qu’en font l’amer constat des militants sur leur blog bien qu’ils veuillent entretenir l’espoir.

CATENAIRES DE LA SNCF : ET LES REVENDICATIONS ?

Les mauvaises (pas pour tout le monde) nouvelles n’arrivant jamais seules – on passera sur les moyens de pression de Dati sur le nain élyséen – le pouvoir s’est pris une autre bonne claque. Relativement discrètement. Dans l’affaire, montée en épingle sous l’appellation de terrorisme, des caténaires de la SNCF, la théorie gouvernementale semble ne plus tenir qu’au fil ténu de magistrats particulièrement obéissants. Le sabotage a en effet été revendiqué par un groupe allemand dans une lettre adressée à un quotidien berlinois (détails sur LePost). Une piste négligée volontairement alors qu’elle semble crédible et motivée ?

« Ce serait la meilleure preuve des liens tissés en Europe au sein de l’ultragauche » a expliqué un enquêteur antiterroriste à RTL. Pourquoi pas dans un raisonnement politico policier ? Ben voyons dans celui d’un esprit ayant plus de recul. Ca coute combien à former un commissaire au fait pour sortir des trucs pareils sans vérifier ?

En parlant de méthodes policières et de Tarnac, Mediapart a mis en ligne les témoignages de deux des membres libérés faute de preuves. Edifiant :

Dans cette affaire Julien et Yldune restent prisonniers politiques du sarkoland et la pétition pour leur libération est toujours en ligne: http://petition11novembre.over-blog.com/

Le comité de soutien prépare des actions pour janvier: http://www.soutien11novembre.org/

N’oublions pas non plus que nabotléon ne désarme pas. Lui et ses chiens occupent encore le terrain bien décidés à museler au maximum toute expression contradictoire. Contrôlant plus ou moins les médias officiels, il s’agit de faire taire celle venue des « malfaisants du web » comme analysé ici par l’Ecole des hautes études en sciences sociales avec un projet visant à modifier la loi sur la diffamation.

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