Gérard Lauzier – RIP

Posted on 8 décembre 2008

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Gérard Lauzier est mort samedi 6 décembre. Il avait 76 ans, ce qui m’a un peu mis sur le cul soit en passant.

lauzierJe vais pas la jouer spécialiste de la bande dessinée. J’y connais pas grand-chose. Je pourrais quand même aligner quelques noms cultes et lister des personnages marquants. Ni plus, ni moins. Mais Lauzier a marqué un tournant dans mon approche du genre. Le passage de Tintin (avant d’y revenir) et Gaston à Manara ?

Je sais plus trop comment je l’ai découvert ce mec-là. Un article ? Un après-midi de courses familiales en grande surface où je laissais la troupe à ses achats pour m’installer au rayon livres ? Quelle chierie ces problèmes de mémoire sélective. En tout cas c’était pas avant 1978. Peut être un peu plus tard avant l’adaptation – pas terrible – au cinoche avec Clavier (oui, celui auquel vous pensez).

Raison simple pour cette date : j’ai commencé par la Course du rat. On ne sait jamais dans quelle mesure le crayon traça la ligne mais cette histoire de cadre sup de la pub bien tocard qui se la joue bling-bling en voulant se la péter dans les milieux hype qui  le prennent pour un con m’instruisit sur la voie vers laquelle je ne voulais pas aller. Le seul personnage supportable de l’histoire était d’ailleurs celui d’un « parasite » rockisant vivant aux crochets des parvenus soucieux de se faire accepter pour ce qu’ils ne seront pas et de nantis qui se la jouent cool et bohème. Dire que ça date de la fin des seventies… et qu’un léger toilettage offrirait une bonne grille d’analyse contemporaine.

Je tombai ensuite dans ses Tranches de vie. Le bonhomme riait avec méchanceté du milieu qu’il fréquentait sans doute entre pseudo libération sexuelle, féminisme casse-couilles et engagement politique à deux balles. Portraits en série au vitriol. Il y eut aussi La Tête dans le sac, l’histoire d’un quinqua qui ne se l’avoue pas et qui s’accroche aux gamines faute d’avoir encore quelque chose en quoi croire. lauzier_tetedanslesac_01

Au ciné, si on met de côté le scénar de l’hilarant Psy de Philippe de Broca avec un Patrick Dewaere bien allumé, Lauzier dériva vite vers le boulevardier. Son T’empêche tout le monde de dormir avec Daniel Auteuil pré reconnaissance critique pouvait encore passer. Quoique. Mais je décrochai lorsqu’il nous fourgua sa comédie vacancière Mon père ce héros.

La veine caustique resta ma préférée et si on peut faire l’impasse sur le cinéaste, les BD sont quand même  à revisiter pour les mangeurs de sushis, adeptes de produits bios, trieurs sélectifs mais aussi les cadres à langues pendantes aux allures de lévriers attirés par un leurre.

RIP

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Posted in: Ciné, humour