On achève bien les partis…

Posted on 19 novembre 2008

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Demain ou vendredi les commentaires iront bon train autour du PS. Les grandes lignes seront dessinées mais le plus important sera à venir. Inéluctables.

Aubry et le « vieux parti » devraient être majoritaires si l’on se fie à l’arithmétique. Et, même si on peut croire en la persévérance des structures et en la fidélité de militants et d’électeurs, ce sera l’enterrement assuré. C’est pourtant là dessus que joue Hollande qui veut encore croire en l’appareil et aux manoeuvres. Pour Fabius je saisis pas. Aubry comme son père est tout au plus social démocrate version années 50. Et ça commence à dater. Suivie par des Strauss-Kahniens qui n’ont jamais existé autrement qu’en étant de droite et au leader discrédité ne serait-ce que par le poste qu’il a accepté par vanité et gout de l’argent. Rejointe par le « on ne sait trop quoi » Delanoë, libéral social de facture récente et porteur de cartable de la Jospinerie; on se retrouve avec l’attelage de tous les échecs ou presque depuis 2002, au moins.

Echec partagé puisqu’en 2007, la candidate était l’autre postulante. Car il y a encore l’option de voir Royal élue première secrétaire (je n’y crois pas) avec des instances du PS issues des motions donc pas forcément à son service. On ne peut négliger que la candidate présente au 2e tour de la présidentielle avec 47% des suffrages a réuni moins de 30% des militants et n’a pu susciter l’adhésion ou une « synthèse » avec les autres courants. Cela semble guère jouable.

Le double discours sous forme de grand écart en mode réchauffé a fait long feu et son pas de deux avec Bayrou est trop prononcé pour que la gauche du parti cède à ses sirènes anticapitalistes toute récente. On peut parier qu’une fois évincée, elle et son attelage de baronnets provinciaux se « partiradicaliseront » pour tenter une percée au centre en concurrence ou en collusion avec un Modem toujours branché sur rien.

Son recentrage profitera lui aussi à la nouvelle gauche émergente.

Car, la gauche pourra alors renaitre… à gauche. Mélenchon a pris les devant, ce qui est pas con, mais dans l’état actuel le futur NPA me semble devoir être le vecteur central en terme de poids électoral et de présence médiatique (le facteur est impec à la téloche et il a du fond). Les prochaines élections étant des européennes à scrutin de liste et proportionnelle relative, des mouvements minoritaires dans le jeu traditionnel peuvent en plus en profiter pour émerger. La principale force de gauche serait alors autour de ce pôle qui n’a plus de trotskyste que le nom mais est en fait l’équivalent du conglomérat que sut être le PS de Mitterrand avec des options allant de l’autogestion à la redistribution par l’Etat du revenu et des richesses.

Ce pôle pourra de plus capitaliser sur le rejet de l’Europe libéral qu’aucune autre force (sauf le FN mourant) ne peut incarner. Il se retrouverait ainsi la force de gauche dominante par rapport à laquelle l’ex-PS des has-been post sociaux-démocrates ira vers une balknisation type SFIO version Guy Mollet.

Le centre que Bayrou et Royal tenteront d’incarner, en étant très dépendants du rejet (ou non, ils peuvent rêver) dans les urnes de leurs options européennes, ne pourra, lui, prétendre a aucune légitimité à proposer une nouvelle voie (il et elle ont trempé dans les eaux des gouvernements de droite et gauche) et encore moins à se dire force de renouveau ou de progrès alors que leurs fondements idéologiques profonds sont ceux d’un double conservatisme économique et moral..

Les composantes de gauche restantes (PC, Mélenchon, MDC…) devront alors se positionner entre la « collaboration » avec l’Etat bourgeois au moment où la crise sera devenue dépression et dont les effets seront bien plus lourds que ceux actuels – ils ne pourront se le permettre – ou le ralliement à la principale force de changement qui agrègerait même des « autonomes » comme moi qui devront quand même accepter une ouverture réaliste à quelques concessions pour aller vers un basculement radicale. Encore faudra-il que les conditions économiques soient appuyées par un mouvement social assez puissant pour que la porte puisse s’ouvrir, à l’exemple de l’Amérique du Sud, vers une remise à plat d’un système qui nous affiche le mot démocratie pour nous faire digérer son asservissement aux intérêts de certains. En clair, il faudra que la réalité des urnes se traduise dans la représentation institutionnelle des rapports de force réels. L’empêcher serait prendre le risque d’aventures dont on ne peut prédire par avance les dangers.

Là où tout cela devient frappant c’est en se penchant sur le rapport au réel de toutes ces tendances encore réuni sous le même sigle du PS. Face à ce qui est un basculement d’ampleur, rien ne ressort qu’un suivisme du sarkozysme par ci et une absence par là. Rien qui n’évoque une alternative dans une société dont la violence sourde est chaque jour plus destructrice et dans un monde sur lequel un regard neuf mériterait d’être porté avec l’échec patent du système qui se voulait comme le seul possible. Bref « y sont où les socialos ? » serait la question idoine. La réponse est qu’ils sont en train de préparer leurs obsèques en tant que formation qui a vécu.

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Posted in: Politique